La vente du Rafale bonne pour stabilité dans la région-Fabius

dimanche 15 février 2015 11h43
 

PARIS, 15 février (Reuters) - Les questions et critiques sur le manque de démocratie en Egypte sont légitimes mais la vente d'avions de combat Rafale est un gage pour la stabilité du pays et de toute la région, a fait valoir dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Des responsables politiques et défenseurs des droits de l'homme se sont élevés cette semaine contre cet accord conclu par l'Egypte du président Abdel Fattah al Sissi dont ils critiquent le caractère répressif et l'instabilité. (voir )

Invité à réagir lors du Grand Jury Europe 1-Le Monde-iTELE, Laurent Fabius a souligné que ces questions étaient abordées en privé mais que la stabilité du pays et de la région avait primé dans la négociation du contrat.

"La stabilité de l'Egypte est un point très important", a dit le chef de la diplomatie française, soulignant le rôle que peut jouer ce pays situé au carrefour de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient auprès de ses voisins.

"Il faut bien comprendre que l'Egypte, c'est le grand pays de l'ensemble de la zone arabe avec évidemment, selon que les choses fonctionnent ou pas, des conséquences sur la stabilité dans l'affaire israélo-palestinienne, dans la question syrienne, dans la question libyenne, etc.", a-t-il dit.

"Il faut donc que l'Egypte ait les moyens de permettre cette stabilité, cette sécurité et c'est pour ça que cette affaire a été négociée", a insisté Laurent Fabius.

Le ministre des Affaires étrangères a toutefois assuré que la France ne négligeait pas la situation intérieure dans ses échanges avec les autorités du Caire, où Amnesty International dénonce une répression "sans précédent depuis trente ans".

"C'est tout à fait légitime que (la question démocratique) soit posée", a dit Laurent Fabius. "Ça ne veut pas dire, parce que nous vendons ces Rafale à l'Egypte, que nous approuvons point par point tout ce qui est fait en politique intérieure."

"A chaque fois que nous discutons après le président Sissi, moi avec mon homologie (Sameh) Choukri ou d'autres, nous abordons ces questions de politique intérieure", a-t-il ajouté.   Suite...