L'Etat italien va devenir actionnaire de Monte Paschi-source

jeudi 12 février 2015 15h37
 

ROME/MILAN, 12 février (Reuters) - Le Trésor italien va devenir actionnaire de la banque en difficultés Banca Monte dei Paschi di Siena, qui a accusé une perte au titre de 2014 et devra donc verser les intérêts sur sa dette vis-à-vis de l'Etat sous forme d'actions, apprend-on jeudi d'une source au sein du Trésor italien.

La banque toscane a annoncé mercredi une perte nette de 5,3 milliards d'euros au titre de 2014, à la suite de provisions pour créances douteuses de 7,82 milliards sur l'année. Selon le plan d'aide de l'Etat de 2013, si la banque ne réalise pas de bénéfice, elle doit payer ses intérêts en nouvelles actions.

Selon une première estimation de broker, au cours de Bourse actuel, le Trésor se retrouvera avec une part d'environ 10% du capital de Monte dei Paschi après le paiement de 243 millions d'euros des intérêts dus pour l'année 2014.

La part de l'Etat serait ramenée à environ 5% à l'issue de son augmentation de capital de trois milliards d'euros.

La plus vieille banque du monde encore en activité a annoncé mercredi avoir relevé le montant de son projet d'augmentation de capital de 2,5 à trois milliards d'euros pour répondre aux exigences plus strictes imposées par la Banque centrale européenne (BCE) en matière de fonds propres.

Le titre prend 2,56% à 0,4405 euro ver 14h35 GMT, après avoir perdu plus de 7% plus tôt dans la journée, au lendemain de l'annonce de la perte et du relèvement du montant de l'augmentation de capital.

L'établissement a accumulé 14,6 milliards d'euros de pertes depuis 2011 et a échoué aux tests de la Banque centrale européenne (BCE) en dépit d'une augmentation de capital de cinq milliards d'euros en juin, son quatrième appel au marché depuis 2008.

Lors d'une conférence de presse, la direction de Monte dei Paschi a dit que la banque serait en meilleure position pour étudier une éventuelle fusion une fois bouclés l'augmentation de capital et l'assainissement de son bilan.

Dans une interview à Il Sole 24 Ore jeudi, l'administrateur délégué Frabrizio Viola a précisé que pour le moment il n'y aucune offre de rachat sur la table. (Stefano Bernabei et Silvia Aloisi, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)