France-Des risques sur l'objectif de déficit-Cour des comptes

mercredi 11 février 2015 10h00
 

PARIS, 11 février (Reuters) - La capacité de la France à réduire comme prévu son déficit public à 4,1% du PIB fin 2015 est incertaine, des risques pesant sur les prévisions d'économies comme de recettes fiscales, a déclaré mercredi le premier président de la Cour des comptes.

Lors de la présentation du rapport public annuel de la Cour, Didier Migaud a appelé à accentuer l'effort de gestion rigoureuse des finances publiques, soulignant que la confiance dont jouit la France à l'international "n'est pas infinie".

La Commission européenne rendra début mars son verdict sur la politique budgétaire de la France, dont le gouvernement a une nouvelle fois différé son objectif de ramener le déficit public à la limite européenne de 3% du Produit intérieur brut.

Le gouvernement prévoit de ramener ce déficit à 4,1% du PIB fin 2015, après 4,4% estimé pour l'instant à fin 2014.

"L'effort devrait être plus résolu en faveur d'une gestion plus rigoureuse des finances et des services publics", a dit Didier Migaud.

"La confiance dont jouit notre pays dans les instances politiques, économiques et financières, aux niveaux européen et international, n'est pas infinie : elle est étroitement liée à la crédibilité de sa politique budgétaire", a-t-il ajouté.

Même si "les résultats de 2014 devraient s'avérer meilleurs que la prévision de 4,4%", a dit Didier Migaud, "la capacité de la France à tenir ses engagements reste incertaine pour 2015".

Côté dépenses, "un premier risque pèse sur la réalisation des 21 milliards d'euros d'économies annoncées", en raison notamment de l'impact de la faible inflation sur les économies prévues liées aux gels de rémunérations et de prestations sociales.

En outre, "les conséquences attendues de la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales demeurent hypothétiques : rien ne garantit qu'elles se traduiront par des réductions de même ampleur des dépenses locales".   Suite...