Travail dominical-Hidalgo réclame le dernier mot pour les maires

lundi 9 février 2015 17h15
 

PARIS, 9 février (Reuters) - La maire de Paris a redit lundi son opposition à la généralisation du travail le dimanche et réclamé que, en cas d'extension de l'ouverture des commerces en zones touristiques, le dernier mot revienne aux élus locaux plutôt qu'à l'Etat.

"Je me battrai pour que cette compétence relève bien de la démocratie locale, seule capable d'évaluer, et le cas échéant de réévaluer les dérogations au principe de repos dominical", a déclaré Anne Hidalgo devant le Conseil de Paris.

Cette prise de position intervient alors que l'Assemblée nationale doit débattre en fin de semaine d'un assouplissement de la réglementation sur l'ouverture des commerces le dimanche dans le cadre du projet de loi sur la croissance et l'activité porté par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

Le texte, qui suscite de fortes réticences à l'aile gauche du PS, prévoit la possibilité pour les maires d'autoriser l'ouverture des commerces jusqu'à 12 dimanches par an. Il crée aussi de nouvelles "zones touristiques internationales" (ZTI) où les magasins pourront ouvrir tous les dimanches.

"Je souhaite redire mon opposition à la généralisation, mais également à toute extension sauvage du travail le dimanche", a indiqué Anne Hidalgo. "Revenir sur cette exception contribuerait mécaniquement à un recul à la fois des droits sociaux et à une dégradation de la cohésion sociale."

Pour autant, la maire socialiste, qui s'appuie sur les travaux d'une mission d'information et d'évaluation, a plaidé pour le pragmatisme en soulignant que "25 % des commerces parisiens sont déjà ouverts le dimanche" et que les autorisations actuelles concernent des zones qui, pour la plupart, ont été définies il y a plus de 15 ans.

Alors que l'opposition UMP réclame que l'ensemble de Paris soit classé en ZTI, le débat risque de se concentrer sur le boulevard Haussmann, le temple des grands magasins parisiens.

Anne Hidalgo a ouvert la porte à cette extension en déclarant qu'"il ne saurait être question d'aménagement que dans les zones situées à grande proximité d'un lieu touristique de notoriété internationale, au sein de laquelle les commerces réaliseraient leur chiffre d'affaires grâce à la vente de produits détaxés à une clientèle internationale avérée."

La maire de Paris a insisté en outre sur la nécessité d'un consensus entre les mairies d'arrondissement, les habitants, les associations, les riverains, les professionnels, les salariés et administrations ainsi que d'engagements des grandes enseignes concernées en termes de compensations des salariés et emplois.

Quelle que soit l'issue des discussions en cours à l'Assemblée, "il est fondamental que ce soit le maire et non le représentant de l'État qui juge et décide de l'opportunité et des modalités d'extension de ces zones", a-t-elle encore dit. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)