October 29, 2014 / 9:45 AM / 3 years ago

La Fed va mettre un terme au QE malgré un environnement incertain

5 MINUTES DE LECTURE

* Arrêt des rachats d'actifs (QE) dont le bilan est mitigé

* Peu de changements attendus dans le communiqué de la Fed

* Ses représentants inquiets sur la croissance mondiale

* Une hausse des taux reste envisagée en 2015

par Howard Schneider

WASHINGTON, 29 octobre (Reuters) - La Réserve fédérale devrait confirmer mercredi qu'elle met un terme à son programme d'assouplissement quantitatif (QE) mené au cours des six dernières années, sans pour autant normaliser complètement sa politique monétaire à un moment où les risques sur la croissance mondiale sont loin d'être tous dissipés.

La Fed devrait annoncer à la fin de la réunion de deux jours de son comité de politique monétaire qu'elle arrête les achats d'obligations du Trésor américain et de titres adossés à des actifs, déjà réduits à 15 milliards de dollars par mois contre 85 milliards à leur apogée.

Etape symbolique importante, la fin des rachats d'actifs ne marque pas un retour à la normale pour la banque centrale américaine. Son total de bilan a explosé pour dépasser les 4.000 milliards de dollars, les taux directeurs demeurent proches de zéro et les récents développements économiques mondiaux risquent de la pousser à maintenir une orientation accommodante plus longtemps que ce que qui était prévu il y a seulement quelques semaines encore.

Le communiqué de la Fed, attendu à 18h00 GMT, sera scruté attentivement pour identifier comment les responsables monétaires américains ont pu être influencés par la faiblesse persistante de l'inflation, une croissance mondiale chancelante et la récente volatilité des marchés financiers.

Il n'est pas prévu de conférence de presse de la présidente de la Fed Janet Yellen ni d'actualisation des prévisions économiques de la Fed.

"Ils sont inquiets au sujet de l'économie, de l'économie mondiale" et devraient laisser leur discours inchangé plutôt que de donner des indications sur une hausse des taux, écrit Vincent Reinhart, analyste chez Morgan Stanley dans une note de recherche.

L'attention se portera tout spécialement sur le maintien ou pas de la référence à un niveau "significatif" de capacités inemployées sur le marché du travail et à des taux d'intérêt bas pour une "période considérable", comme l'anticipent la plupart des économistes.

Bilan en Demi-Teinte

Pour Paul Edelstein, économiste chez IHS Global Insight, la Fed pourrait aussi devoir reconnaître que les perspectives d'inflation sont orientées à la baisse.

"Ils se sont plutôt trompés sur l'inflation ces derniers temps", a-t-il dit. "Il serait bon qu'il fasse quelque chose, qu'ils envoient un message au marché signalant qu'ils ne toléreront pas une inflation et des anticipations d'inflation inférieures à 2% de manière persistante."

Les représentants de la Fed s'en sont dans l'ensemble tenus à leurs prévisions d'une croissance de l'économie américaine d'environ 3% cette année et d'une inflation remontant graduellement vers un objectif de 2% en rythme annuel.

Une croissance mondiale plus faible que prévu et la baisse des cours du pétrole ont toutefois remis en cause les perspectives d'inflation.

Les investisseurs ont en conséquence reporté leurs anticipations sur le calendrier de la prochaine hausse des taux à la fin de l'année prochaine bien qu'un certain nombre de représentants de la Fed aient continué à évoquer un relèvement dès la mi-2015.

Le bilan de la troisième phase de l'assouplissement quantitatif lancé par la Fed pour répondre à la crise financière de 2007-2008 et à la récession de 2009 est mitigé. Il a favorisé le maintien de bas taux d'intérêt à long terme, réduisant les coûts d'endettement pour les ménages et les entreprises, soulignent les représentants de la banque centrale. Mais pour ses détracteurs, il a surtout servi à entretenir la hausse de Wall Street.

Son arrêt n'entraînera pas de diminution du total de bilan de la Fed dans l'immédiat. L'institution prévoit en effet de réinvestir les sommes remboursées à l'arrivée à maturité des titres en portefeuille afin de maintenir l'orientation accommodante de sa politique monétaire. Elle n'envisage pas de contraction de son bilan avant la première hausse de ses taux directeurs. (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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