Une première centrale nucléaire autorisée à redémarrer au Japon

mardi 28 octobre 2014 08h41
 

TOKYO, 28 octobre (Reuters) - Une ville du Japon a approuvé mardi le redémarrage d'une centrale nucléaire située sur son territoire, une première depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Le conseil municipal de Satsumasendai s'est prononcé à une large majorité en faveur de la remise en service des deux réacteurs de la centrale de Sendai, importante source de revenus et d'emplois pour cette ville de 100.000 habitants située à un millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Dix-neuf élus sur 26 ont voté pour, quatre contre et trois se sont abstenus, a déclaré un conseiller municipal à Reuters.

Le redémarrage de la centrale ne devrait toutefois pas intervenir avant l'année prochaine, son exploitant, la compagnie Kyushu Electric Power, devant au préalable la soumettre à des tests de sécurité.

Le Japon a progressivement mis à l'arrêt ses 48 réacteurs nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima, la plus grave au monde depuis celle de Tchernobyl en 1986.

Dévastée par un séisme et un tsunami, la centrale de Fukushima Daiichi a connu une fusion partielle des coeurs de trois réacteurs. Des rejets radioactifs dans l'atmosphère et dans la mer ont entraîné l'évacuation forcée de plus de 160.000 habitants.

Pour compenser la perte de production nucléaire, qui couvrait près d'un tiers de sa consommation d'électricité, le Japon a dû augmenter ses importations énergétiques, ce qui pèse sur son économie.

Arrivé au pouvoir après la catastrophe de Fukushima, le Premier ministre Shinzo Abe a entrepris de remettre en marche les réacteurs nucléaires de l'archipel, tout en laissant le soin aux autorités locales d'approuver au cas par cas une mesure désapprouvée par une grande partie de la population.

L'hostilité au redémarrage des centrales est ainsi particulièrement vive dans les zones qui ne tirent aucun bénéfice direct de leur proximité tout en se jugeant pareillement exposées aux risques.

A Ichikikushikino, localité située à moins de cinq kilomètres de la centrale de Sendai, plus de la moitié des 30.000 habitants ont signé une pétition contre la remise en service des réacteurs. (Mari Saito; Bertrand Boucey pour le service français)