Etat-providence et austérité, défi de la gauche européenne

vendredi 12 avril 2013 21h28
 

par Balazs Koranyi

COPENHAGUE, 12 avril (Reuters) - Les partis de gauche européens, abîmés par des défaites électorales ou en panne de crédibilité, doivent accepter l'austérité mais tenir bon sur la défense de l'Etat-providence, ont estimé vendredi plusieurs de leurs principaux dirigeants réunis à Copenhague.

Responsables et intellectuels de la gauche européenne, rassemblés à l'initiative du Progressive Governance Network, ont noté qu'on ne pourrait faire l'économie de coupes dans la dépense publique, mais qu'il fallait concentrer l'effort collectif sur les catégories sociales et les secteurs d'activité qui sont le plus dans le besoin.

"Il est absolument juste que le centre gauche ne renonce pas à son engagement d'apporter un soutien compassionnel à ceux qui sont le plus nécessiteux", a dit Ed Miliband, chef de file du Parti travailliste britannique.

"La discipline budgétaire n'est qu'un moyen, pas une fin, la fin, c'est de parvenir à une société de l'égalité où chacun ait sa chance dans le cadre d'un Etat-providence", a noté la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt.

Créé en 1999 à un moment où, de Tony Blair à Gerhard Schröder et Lionel Jospin, la gauche modérée était au pouvoir dans les grands pays européens, ce réseau des partis progressistes de gouvernement se retrouve aujourd'hui dans une situation où nombre de partis de gauche ont été rejetés dans l'opposition depuis que la crise financière de 2008 a évolué en crise de la dette souveraine dans la zone euro.

En Grèce, en Espagne, au Portugal, des alternances politiques ont ramené la droite au gouvernement. La France fait figure d'exception depuis l'élection, il y a onze mois de François Hollande à l'Elysée.

Mais l'impopularité du président français atteint des proportions jamais vues sous la Ve République, et l'affaire Cahuzac et ses répercussions sont venues s'ajouter à la crise économique et sociale.

"Les socialistes français sont arrivés au pouvoir sur l'impopularité de Nicolas Sarkozy mais ont besoin d'un programme de gouvernement", a jugé Peter Mandelson, ancien ministre britannique et ex-commissaire européen.   Suite...