Egypte-Al Azhar manifeste son autorité à propos des finances

jeudi 28 mars 2013 20h47
 

LE CAIRE, 28 mars (Reuters) - La principale autorité de l'islam en Egypte, l'université-mosquée Al Azhar du Caire, a fait savoir jeudi qu'elle aurait dû être consultée sur une loi inspirée par les Frères musulmans qui autorise l'Etat à émettre des obligations islamiques.

Cette loi autorise les Soukouk, ces produits financiers qui permettent l'emprunt tout en étant conformes à la loi musulmane (charia) qui interdit le prêt à intérêt. La loi doit maintenant être promulguée par le chef de l'Etat.

Lors d'une réunion jeudi, l'Institut de recherche islamique d'Al Azhar présidé par son imam, le cheikh Ahmed al Tayeb, a estimé que le texte, approuvé par le parlement la semaine dernière, aurait dû être transmis à ses services, conformément à la nouvelle constitution.

Le parti salafiste Al Nour avait effectivement demandé à ce que la chambre haute du parlement transmette la loi à Al Azhar pour avis avant le vote des parlementaires. Mais le Parti liberté et justice (PLJ), émanation politique des Frères musulmans dont est issu le président égyptien Mohamed Morsi, a utilisé sa majorité pour faire passer la loi en force.

La question de l'intervention d'Al Azhar devrait se poser à nouveau. Le parti Al Nour estime que l'université devra donner son accord au prêt de 4,8 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) que négocie l'Egypte avec le Fonds monétaire international parce qu'il sera assorti d'intérêts.

Le rôle d'Al Azhar dans le fonctionnement de l'Etat est prévu par l'article 4 de la nouvelle constitution qui prévoit qu'un de ses services doit être saisi pour toute question relative à la charia. L'article ne dit pas toutefois si l'avis d'Al Azhar est contraignant pour le gouvernement. (Tom Perry, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Guy Kerivel)