Union-Mise en garde voilée de François Hollande à Cameron

vendredi 14 décembre 2012 17h34
 

BRUXELLES, 14 décembre (Reuters) - François Hollande a lancé vendredi une mise en garde voilée contre la tentation du Royaume-Uni de sortir de certaines politiques communes européennes sous la pression d'un euroscepticisme britannique croissant.

Lors d'une conférence de presse, à l'issue du sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le président français a dit comprendre que des pays ne veuillent pas transférer de nouvelles compétences au niveau communautaire.

Le Royaume-Uni et la Suède, qui ne font pas partie de la zone euro, ont par exemple fait savoir qu'ils n'entendaient pas se joindre à la future union bancaire.

"On peut ne pas participer à de nouvelles compétences, ça je le comprends et je l'admets parfaitement", a déclaré François Hollande. "C'est-à-dire que pour des étapes ultérieures, la Grande-Bretagne peut très bien dire qu'elle ne veut pas y participer, elle en a parfaitement le droit."

Mais l'Union européenne "n'est pas une Europe où on pourrait enlever des compétences", a-t-il ajouté. "Quand un pays s'engage, généralement c'est pour la vie. Donc moi je pense que les traités sont faits pour être respectés."

Il a assuré ne pas avoir entendu "pour l'instant" le Premier ministre britannique demander dans un Conseil européen à "sortir de certaines compétences". Mais il a admis que cette "discussion (pouvait) avoir lieu".

David Cameron a pour sa part suggéré que l'évolution de l'Union européenne vers plus d'intégration pourrait amener le Royaume-Uni à modifier ou distendre ses liens avec l'UE.

"L'existence de l'euro (...) pousse les pays de l'euro à s'intégrer et se coordonner davantage", a-t-il déclaré. "Cela nous donnera l'occasion, à nous, Royaume-Uni, d'apporter des changements à nos relations avec l'Union européenne qui nous aillent mieux, avec lesquels les Britanniques seraient plus à l'aise."

"Les membres de la zone euro font les changements dont ils ont besoin et cela nous donnera des arguments pour faire les changements que nous voulons", a-t-il insisté.   Suite...