Lagarde souhaite que l'emprunt préserve la "signature" française

mercredi 4 novembre 2009 09h25
 

PARIS, 4 novembre (Reuters) - La ministre de l'Economie Christine Lagarde a souhaité mercredi que le grand emprunt public qui doit être lancé prochainement préserve les capacités du pays d'emprunter au quotidien sur les marchés financiers.

Elle prend ainsi position dans ce débat vif au sein de la majorité, qui oppose d'une part le conseiller de l'Elysée Henri Guaino et une partie des députés, souhaitant aller jusqu'à 100 milliards d'euros d'emprunt, et de l'autre côté le ministre du Budget Eric Woerth qui souhaite un montant plus modeste.

"Si on fait quelque chose de trop gros, parce qu'on a envie de faire gros, alors on risque de dégrader la signature de la France et pour un pays qui a besoin de s'endetter, parce que c'est notre quotidien, ce n'est pas supportable", a dit Christine Lagarde sur LCI.

"Henri Guaino est plein d'idées, plein de richesse intellectuelle, c'est très bien qu'on ait cette qualité-là. Maintenant, je crois qu'il ne faut pas poser les questions en termes polémiques comme il le fait en disant 'il nous faut 100, il faut plus de 50'", a-t-elle dit.

Christine Lagarde estime que la question importante de l'emprunt est de savoir si la dépense qu'il va permettre sera efficace. "Il ne faut pas que ça se retrouve dans les sables de la gestion budgétaire opérationnelle au quotidien", a-t-elle dit.

L'idée du "grand emprunt" vu par l'Elysée comme un moyen politique de relancer l'économie du pays et la confiance inquiète une frange de la majorité, car une telle opération coûtera cher à l'Etat, contraint d'assurer une bonne rémunération pour en assurer le succès.

Les sceptiques soulignent que les déficits publics atteignent déjà des sommets et qu'il est possible d'emprunter à moindre coût sur les marchés financiers actuellement, comme l'Etat le fait tous les jours.

(Thierry Lévêque)