BOURSES-Le ralentissement chinois fait plonger les Bourses européennes

lundi 24 août 2015 18h10
 

PARIS, 24 août (Reuters) - Les Bourses européennes ont
plongé lundi, emportées par un mouvement de panique lié au
risque d'un ralentissement économique plus fort que prévu en
Chine alors que la reprise se révèle fragile en Europe comme aux
Etats-Unis.
    Paris, qui avait effacé en séance ses gains cumulés
depuis le début de l'année et dévissé de plus de 8% avec un plus
bas à 4.230,49 points, soit plus de 40 points de moins que son
cours de clôture du 31 décembre 2014 (4.272,75), a cependant
fini au-dessus de ses plus bas du jour, en baisse de 5,35% à
4.383,46 points.
    "Le mouvement d'aujourd'hui est un mouvement de panique. Le
marché capitule clairement", observe Vincent Juvyns, stratégiste
chez J.P.Morgan AM.
    "Il y a beaucoup d'exagération. Les choses devraient se
stabiliser, la banque centrale chinoise pourrait par exemple
abaisser le taux de réserves obligatoires imposé aux banques et
la Fed pourrait attendre la stabilisation des devises des pays
émergents avant de relever ses taux d'intérêt", tempère-t-il
cependant.
    Londres a plongé de 4,67%, Francfort 4,7%
et Milan de 5,96%. L'indice Stoxx 600, qui
regroupe les principales valeurs européennes, a perdu 5,39%.
    Sur le marché des changes, l'euro, qui a dépassé en séance
la barre de 1,17 dollar, s'échangeait autour de 1,1592 dollar
 en fin d'après-midi (contre un peu plus de 1,10 dollar en
milieu de semaine dernière) ce qui contrarie la politique
ultra-accommodante de la Banque centrale européenne.
    Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion de Banque
Postale Gestion Privée, explique la nervosité extrême des
marchés par la faiblesse de la croissance dans les économies des
pays développés.
    "Au moindre coup de semonce, les marchés dévissent", dit-il.
    Plusieurs sociétés de gestion jugent le mouvement exagéré et
disent cependant racheter des actions à ces niveaux de cours.
    "La panique constitue une opportunité d'achat et c'est dans
ce type de situation que vous réalisez le gros de vos gains",
dit Naeem Aslam, chef analyste de marché chez AvaTrade.
    Le baril de brut léger américain chutait de 1,90
dollar à 38,55 dollars.

 (Raoul Sachs, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par
Pascale Denis.)