SEA-Un accord sur 18,5 TGV pourrait être annoncé lundi-sources

jeudi 7 avril 2016 15h13
 

par Gilles Guillaume et Julien Ponthus

PARIS, 7 avril (Reuters) - La SNCF pourrait annoncer lundi un accord mettant fin à plusieurs mois de litige sur le nombre de TGV devant emprunter la future ligne Sud Europe Atlantique (SEA), sur la base des 18,5 allers-retours par jour discutés actuellement avec le consortium Lisea, a-t-on appris jeudi auprès de trois sources proches du dossier.

"Les deux parties sont en négociations avancées sur 18,5 trains", a indiqué une des sources. "On pourrait avoir une annonce (sur cette fréquence) lundi après-midi à Bordeaux."

Le concessionnaire Lisea, qui comprend notamment Vinci , également constructeur de la ligne, et la Caisse des dépôts, doit être rémunéré par une redevance liée au trafic et demandait au moins 19 allers-retours directs Paris-Bordeaux par jour afin que l'équilibre économique de la concession soit assuré.

Les élus aquitains préconisaient au moins la même fréquence au nom de la régularité de la desserte, mais la SNCF, dont les hypothèses de trafic sont bien inférieures, proposait au printemps 2015 seulement 13 allers-retours afin d'optimiser le remplissage de ses trains et la redevance qu'elle acquittera. A l'automne dernier, le gouvernement avait opté pour un compromis à 16,5 TGV, jugé encore insuffisant par le consortium et ses banques.

L'opérateur ferroviaire a théoriquement jusqu'à lundi pour officialiser la cadence retenue si la ligne doit entrer en service selon le calendrier prévu, à l'été 2017.

Les deux sources précisent qu'au-delà du nombre de TGV, les deux parties doivent toutefois encore s'entendre sur les horaires des dessertes et leur répartition au fil de la journée.

"Mieux vaut attendre de connaître la couleur de la fumée qui sortira lundi", souligne Christian Broucaret, président pour l'Aquitaine de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut). "Nous plaidons pour des TGV aux heures de pointe, il ne faudrait pas qu'ils soient trop positionnés à des heures creuses, puis abandonnés faute d'un nombre suffisant de passagers."

Engagé en 2012, le projet SEA (Sud Europe Atlantique) bénéfice d'un financement public-privé de 7,8 milliards d'euros et doit mettre Paris à deux heures de Bordeaux, soit un gain de temps de plus d'une heure sur le trajet actuel.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de la SNCF et de la CDC. Vinci, le conseil régional Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et le ministère de l'Ecologie, dont dépend le secrétariat d'Etat aux Transports, ont refusé de commenter ces informations. (Edité par Jean-Michel Bélot)