Zodiac dit avoir entendu le message d'Airbus sur ses retards

jeudi 14 janvier 2016 18h31
 

PARIS, 14 janvier (Reuters) - Zodiac Aerospace a entendu le message d'Airbus au sujet de l'impact de ses retards de sièges sur sa production d'avions, notamment le nouveau long-courrier A350, a déclaré jeudi le président du directoire Olivier Zarrouati.

Le PDG d'Airbus Fabrice Brégier a dit mardi lors d'une conférence de presse qu'il espérait que Zodiac Aerospace ferait "bien mieux" en 2016 qu'en 2015, accusant la direction d'avoir été "dans le déni" et d'avoir mis trop longtemps à prendre les mesures pour résorber les retards.

"Il s'agit de nous dire : bon, Zodiac ça suffit, tant que vous avez un siège en retard c'est insupportable, vous devez corriger ça et vous devez le corriger au plus vite, on n'en peut plus c'est intolérable'", a interprété Olivier Zarrouati lors de l'assemblée générale annuelle de son groupe.

"La réalité perçue par le client (...), ça doit être notre réalité, on n'a pas d'autre réalité que celle-là et quand un client nous fait passer des messages, surtout s'il le fait passer avec un certain niveau d'énergie, notre préoccupation c'est de les entendre", a-t-il ajouté.

Olivier Zarrouati, qui a reconnu un retard de six mois dans la prise de conscience du problème, a dit aux actionnaires que le groupe avait dépensé 300 millions d'euros pour redresser la situation, présentée aux analystes lors de la publication de ses comptes annuels en novembre 2015.

Le patron de Zodiac a précisé que le nombre de places d'avions en retard (une place comportant plusieurs sièges dans la classe économique) était toujours à 300 à ce jour, un niveau stable comparé à la mi-décembre.

Il a ajouté que l'objectif annoncé par Airbus de livrer au moins 50 A350 en 2016 était compatible avec les prévisions de Zodiac, disant même que le groupe avait calé ses capacités opérationnelles sur un nombre supérieur.

Airbus a par ailleurs retiré Zodiac de sa liste d'équipementiers sélectionnés pour l'A330neo, version remotorisée de son long-courrier plus ancien, pour que l'équipementier reste concentré sur les programmes déjà en cours de production.

Olivier Zarrouati a regretté cette décision, disant que ce contrat aurait permis à Zodiac d'améliorer la position de l'A330 dans son catalogue grâce aux efforts d'innovation qu'il a réalisés. (Cyril Altmeyer, édité par Matthieu Protard)