Renault-L'Etat veut conserver une minorité de blocage-Macron

mardi 8 décembre 2015 20h04
 

PARIS, 8 décembre (Reuters) - La priorité de l'Etat est de maintenir une minorité de blocage dans Renault mais en aucun cas de s'immiscer dans la gestion de l'alliance formée avec le japonais Nissan, a déclaré mardi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

L'Etat, qui s'est assuré à la dernière assemblée générale de Renault d'obtenir ses futurs droits de vote doubles prévus par la loi Florange en portant sa participation de 15% à près de 20%, s'est engagé à redescendre ensuite au niveau initial.

"Nous céderons ces titres et reviendrons à 15,01% dès que cela sera possible en termes réglementaires", a réaffirmé Emmanuel Macron devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"Nous sommes aujourd'hui dans le cadre de discussions multiples qui existent du côté de Nissan et de Renault qui font de nous un acteur initié qui ne peut pas intervenir sur le marché", a-t-il rappelé.

Nissan, qui détient 15% de Renault et ne possède aucun droit de vote, a fait cette semaine de nouvelles propositions pour mettre fin au contrôle managérial de son partenaire français et limiter l'influence de l'Etat français, en demandant notamment des engagements écrits en ce sens.

"Ce qui n'est pas notre lecture" de l'alliance, a expliqué Emmanuel Macron aux députés. "Notre priorité, c'est aujourd'hui de conserver une minorité de blocage en assemblée générale, c'est-à-dire de sanctuariser la capacité de l'Etat sur des décisions structurantes, d'avoir cette minorité de blocage."

"Ce n'est en aucun cas nous immiscer dans le quotidien opérationnel de Renault ni dans celui de Nissan et en aucun cas de revenir sur les équilibres, qui ont d'ailleurs prouvé leur efficacité, de l'alliance", a poursuivi le ministre. (Cyril Altmeyer et Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal)