3 novembre 2016 / 05:51 / il y a 9 mois

RPT-Socgen signe un T3 meilleur que prévu et muscle sa solvabilité

(Répétition technique, texte sans changement)

* Les bénéfices dépassent les attentes des analystes

* Les activités de marché bondissent

* Le ratio clé de solvabilité a augmenté de 30 points de base

* La banque de détail en France souffre des taux bas

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS, 3 novembre (Reuters) - Société générale a annoncé jeudi un important renforcement de ses fonds propres au troisième trimestre et des bénéfices meilleurs que prévu, grâce notamment à des activités de marché dynamiques et malgré une banque de détail, qui pâtit en France de la faiblesse des taux d'intérêt.

La banque de la Défense a publié un bénéfice net de 1,099 milliard d'euros, en baisse de 2,4% par rapport à celui de la même période en 2015 mais très nettement supérieur aux attentes du consensus établi par Inquiry Financial, qui tablait sur un recul de 33% à 745 millions.

Cette performance meilleure qu'attendu s'explique en partie par la réduction de 27% du coût du risque - c'est-à-dire les provisions pour des crédits risquant de ne pas être remboursés - à 417 millions d'euros, alors que les analystes interrogés s'attendaient à 534 millions.

A l'instar de BNP Paribas mais également de nombreuses banques américaines ou européennes, la branche de banque d'investissement de Socgen a aussi bénéficié de la vigueur de l'activité sur le segment obligataire, changes et matières premières mais également dans celui des actions.

La division Banque de grande clientèle et solutions investisseurs, où sont logées les activités de marché, a ainsi vu ses résultats bondir de 42,1% à 469 millions d'euros. D'autres entités du groupe, comme la banque de détail à l'international, ont aussi tiré leur épingle du jeu.

Société générale s'est notamment félicitée de la robustesse de ses activités en Europe de l'Est, comme en Roumanie ou en République tchèque, mais également en Russie.

La division services financiers et banque de détail à l'international, qui comprend également l'assurance et des métiers spécialisés comme la gestion de flottes de véhicules d'entreprises, a vu ses profits bondir d'environ 30% à 457 millions d'euros.

LA BANQUE DE DÉTAIL SOUFFRE EN FRANCE

C'est la banque de détail en France qui marque le point faible de ces résultats trimestriels avec une baisse d'un peu plus de 15% des profits à 353 millions d'euros et des revenus en baisse de 5,5% à 2,059 milliards d'euros.

"Sous les effets négatifs de l'environnement de taux bas et de l'accentuation des renégociations des prêts immobiliers, le produit net bancaire ne reflète ainsi que partiellement la bonne dynamique commerciale", se désole le groupe dans son communiqué.

Société générale, qui a lancé un important plan de digitalisation de sa banque de détail en France, a précisé qu'elle y avait fermé 63 agences depuis le début de l'année.

Comme BNP une semaine plus tôt, Socgen s'est félicitée de son modèle économique diversifié qui lui a permis de résister aux taux bas en France, tout en augmentant ses coussins de fonds propres.

Le ratio de solvabilité Common Equity Tier 1 s'élève au 30 septembre à 11,4%, soit 30 points de base de plus qu'au 30 juin, un niveau proche de son objectif de 11,5% à 12% à fin 2018.

Le titre Société générale avait été chahuté en Bourse après la publication fin juillet des "stress tests" de la Banque centrale européenne (BCE), qui montraient que si elle remplissait bien les objectifs fixés, elle se situait néanmoins dans le bas du tableau des banques européennes.

Depuis le 1er janvier, l'action Socgen affiche, avec une baisse de 19,70%, une performance en ligne avec l'indice des banques de la zone euro (-21,85%) mais inférieure à celle de sa rivale BNP Paribas, qui s'adjuge un retrait limité à 2,81%.

Société générale a traversé cette année une période difficile en termes de relations publiques avec le scandale d'évasion fiscale des "Panama papers" et les suites médiatiques (sortie d'un film en juin) et judiciaires du scandale lié à son ancien trader Jérôme Kerviel.

La Cour d'appel de Versailles a estimé début octobre que ce dernier n'était que partiellement responsable des pertes évaluées à 4,9 milliards d'euros en 2008 et que la banque avait laissé se développer un "système déficient".

Le gouvernement français doit maintenant décider s'il veut annuler le crédit d'impôt dont la banque a bénéficié en raison des pertes enregistrées. Société générale a déjà annoncé qu'elle contesterait en justice une telle demande, qu'elle estime infondée. (Julien Ponthus, édité par Marc Angrand)

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