Novo Nordisk refuse de baisser ses prix en Grèce

lundi 31 mai 2010 18h23
 

COPENHAGUE, 31 mai (Reuters) - Le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk (NOVOb.CO: Cotation) a retiré du marché grec certains de ses traitements antidiabétiques, refusant la forte baisse des prix des médicaments décidée par les autorités locales, en expliquant que de telles baisses pourraient se propager à des marchés plus importants.

Lars Rebien Sorensen, directeur général de Novo, a qualifié d'"inacceptable" la décision du gouvernement grec d'imposer une baisse de 25% des prix de certains médicaments dans le cadre des mesures d'austérité destinées à réduire le déficit budgétaire.

"Ce qu'ils proposent actuellement n'est pas acceptable", a-t-il dit. "Cela aura un effet de contagion sur le niveau des prix européens et des effets sur d'autres marchés en dehors de l'Europe, dans lesquels les prix grecs sont utilisés comme prix de référence dans les négociations avec les Etats", a-t-il ajouté.

Le retrait initié par le laboratoire danois a été le premier du genre résultant de la baisse des prix exigée par les autorités grecques, mais il a été rapidement suivi par Leo Pharma, un groupe danois spécialisé dans les soins dermatologiques.

Novo a informé le gouvernement grec qu'il n'abaisserait pas les prix de ses médicaments à base d'insuline les plus récents, appelés insuline moderne, ainsi que ceux permettant de s'injecter de l'insuline par un "stylo".

En conséquence, les grossistes ont cessé de commander ces traitements qu'ils auraient été contraint de vendre à pertes, a indiqué Novo.

Selon le directeur général de Novo, la Grèce manquera d'insuline moderne dans quelques semaines.

Un porte-parole d'AstraZeneca (AZN.L: Cotation) a déclaré que le groupe anglo-suédois n'envisageait pas de retirer certains de ses médicaments de Grèce mais s'inquiétait de la baisse des prix exigée par Athènes, qui semble contrevenir à la loi grecque.

"Nous travaillons avec l'association du secteur pour collaborer avec le gouvernement grec afin d'inverser cette dernière politique", a-t-il dit.

Le géant européen du secteur GlaxoSmithKline Plc (GSK.L: Cotation) a de son côté fait savoir qu'il continuerait d'approvisionner le marché grec.

(Anna Ringstrom, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Marc Angrand)