AVANT-PAPIER-Le référendum italien, un enjeu pour toute la zone euro

jeudi 1 décembre 2016 11h31
 

par Crispian Balmer

ROME, 1er décembre (Reuters) - Le référendum qui doit décider dimanche d'une réforme constitutionnelle en Italie dépasse le seul avenir politique du président du Conseil Matteo Renzi et fait peser une menace sur l'ensemble du secteur bancaire du pays et au-delà sur la zone euro, qui voit ressurgir le spectre d'une nouvelle crise.

Le chef du gouvernement italien a multiplié les meetings cet automne pour tenter de convaincre du bien-fondé de son projet un électorat réticent face aux changements d'institutions en place depuis le 1er janvier 1948.

Renzi estime que le bicamérisme intégral, dans lequel le Sénat dispose des mêmes pouvoirs que le Chambre des députés, est une source constante d'instabilité politique à laquelle il convient de mettre un terme pour asseoir un exécutif renforcé.

La question posée aux 52 millions d'électeurs italiens concerne la fin de ce régime de stricte égalité entre les deux assemblées, la réduction du nombre des sénateurs, la maîtrise des coûts de fonctionnement des institutions politiques et la suppression du Cnel, le Conseil national de l'économie et du travail.

Arrivé au pouvoir en février 2014, Matteo Renzi a lié son sort à celui de la réforme qu'il présente comme la bataille majeure de son mandat.

Une victoire du "non" serait interprétée comme une nouvelle expression de la vague de contestation, anti-establishment et anti-élites, qui s'est déjà exprimée par le Brexit au Royaume-Uni et par la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine.

"Le monde est en train de changer", a lancé le populiste Beppe Grillo, fondateur du Mouvement 5 Etoiles (M5S), le parti le plus actif de l'opposition, lors d'un rassemblement de ses partisans samedi à Rome.

"Nous devons leur jeter notre 'non' à la figure. Ce n'est pas un 'non' politique, c'est un 'non' existentiel et un 'non' social. Notre monde est en marche", a-t-il affirmé.   Suite...