France-Christine Lagarde en simple congé du FMI lors de son procès

mercredi 30 novembre 2016 19h20
 

PARIS, 30 novembre (Reuters) - La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, se mettra en congé du FMI pendant son procès sur son rôle dans l'arbitrage Tapie en décembre à Paris, mais continuera à répondre aux urgences, dit-elle dans L'Obs.

L'ancienne ministre des Finances de Nicolas Sarkozy sera jugée du 12 au 20 décembre prochain pour "détournement de fonds publics commis par un tiers et résultant de (sa) négligence".

Elle comparaîtra devant la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction compétente pour des faits commis par des ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

A la question "allez-vous vous mettre en congé du FMI pendant le procès ?", Christine Lagarde répond : "Oui".

"Le soir et la nuit, je regarderai mes e-mails et je répondrai aux urgences. Il ne faut pas imaginer que je me mets en apesanteur de l'économie mondiale. Je vais faire ce que je ferais si j'étais en vacances", ajoute-t-elle dans un entretien à L'Obs à paraître jeudi.

"Mes avocats trouveront les moyens juridiques de faire face à cette situation étrange", poursuit la patronne du FMI, rappelant que l'instruction concernant le volet non-ministériel de cette affaire, où les juges soupçonnent un "simulacre d'arbitrage", est toujours en cours.

Priée de dire quelle serait son attitude vis-à-vis du FMI en cas de condamnation, Christine Lagarde répond: "On verra en temps utile. Je rappelle que le conseil d'administration du Fonds, depuis cinq ans et demi, m'a constamment renouvelé sa confiance."

Les juges de la CJR devront examiner le rôle de l'ex-ministre de l'Economie et des Finances dans la décision de recourir, en 2008, à un arbitrage pour solder le litige opposant l'homme d'affaires Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

La commission d'instruction de la CJR lui reproche d'avoir choisi la voie de l'arbitrage plutôt que celle de la justice ordinaire et de ne pas avoir formé de recours une fois la sentence prononcée, exposant l'Etat au paiement de montants indus.

La patronne du FMI encourt jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende. (Chine Labbé, édité par Gérard Bon)