United Tech, 1er groupe à annuler une délocalisation sous Trump

mercredi 30 novembre 2016 18h04
 

WASHINGTON, 30 novembre (Reuters) - United Technologies a atteint son plus haut niveau depuis 16 mois mercredi à Wall Street, au lendemain de l'annonce d'un accord avec le président américain élu, Donald Trump, et son vice-président, Mike Pence, sur le maintien de près d'un millier d'emplois sur un site que le groupe envisageait de délocaliser au Mexique.

Annoncé par Carrier, l'une des sociétés du conglomérat industriel, mardi soir sur Twitter, cet accord constitue d'abord une victoire pour Donald Trump, qui avait fait de la dénonciation des délocalisations et des accords de libre-échange l'un des grands thèmes de sa campagne.

Il avait dénoncé le projet de Carrier, annoncé en février, de fermer une usine de climatiseurs à Indianapolis, avec à la clé la suppression de 1.400 postes, pour déménager ses lignes de production à Monterrey, au Mexique, en 2017.

Des syndicats avaient à l'époque expliqué que les salariés mexicains seraient payés trois dollars de l'heure, près de sept fois moins que ceux du site d'Indianapolis.

La délocalisation était censée générer 65 millions de dollars d'économies mais Carrier devrait bénéficier d'aides de l'Etat de l'Indiana, a estimé mercredi William Blair, analyste de Nick Heymann.

"L'accord va aussi contribuer à établir une relation favorable entre UTC et la nouvelle administration", a-t-il ajouté, en rappelant que 10% du chiffre d'affaires du conglomérat provenaient de commandes de l'Etat fédéral.

A la Bourse de New York, l'action United Tech perdait 0,29% à 108,52 dollars vers 17h00 GMT, après un plus haut à 110 dollars, alors que l'indice Dow Jones, dont elle fait partie, prenait 0,4%.

Il y a quelques jours, Donald Trump s'était targué d'avoir convaincu le constructeur automobile Ford de maintenir la production d'un modèle de sa marque Lincoln dans le Kentucky au lieu de la transférer au Mexique, mais Ford a dit n'avoir jamais eu l'intention de procéder à une telle délocalisation. (Lewis Krauskopf et David Shepardson; Marc Angrand pour le service français)