GB-Un "livre vert" pour encadrer la gestion des entreprises

mardi 29 novembre 2016 12h33
 

LONDRES, 29 novembre (Reuters) - Le gouvernement britannique a présenté mardi des propositions censées moraliser le comportement des dirigeants d'entreprise, une initiative considérée comme l'une des réponses du gouvernement de Theresa May aux millions d'électeurs qui se sont prononcés en faveur du Brexit en juin pour protester contre les élites.

Sa promesse de faire entrer les salariés dans les conseils d'administration a toutefois déjà été édulcorée, son ministre des Entreprises, Greg Clark, déclarant mardi que le gouvernement n'allait pas "bouleverser" les règles en vigueur, qui ont fait selon lui leurs preuves.

Le gouvernement May dit vouloir barrer la route à "une minorité irresponsable de sociétés détenues par des capitaux privés qui agissent sans scrupule, laissant les salariés, les clients et les bénéficiaires des fonds de pension souffrir quand la situation se détériore". Mais son "livre vert" - purement consultatif - semble poser plus de questions qu'il n'en résoud, notamment en matière de rémunération des dirigeants.

"Nous allons étudier les moyens d'améliorer et de propager les bonnes pratiques de gouvernance parmi les grandes entreprises afin que tout le monde respecte les mêmes règles et afin de créer une économie qui fonctionne pour tout le monde, pas pour quelques privilégiés", a dit Theresa May dans un communiqué.

Elle n'a cité le nom d'aucune entreprise même si les députés ont récemment retiré son titre de chevalier au milliardaire Philip Green après la faillite de l'enseigne de grands magasins BHS, dont il est accusé d'avoir largement ponctionné la trésorerie pour se verser de généreux dividendes.

Une large consultation devrait avoir lieu avant que ce "livre vert" ne devienne un "livre blanc" détaillant des propositions qui seront soumises aux députés.

Les propositions à venir viseront à assurer une meilleure représentation des salariés, des clients dans les conseils d'administration ainsi qu'à favoriser des modes de rémunération des dirigeants davantage liés aux résultats de l'entreprise, a expliqué le gouvernement.

Concernant la rémunération des dirigeants, Greg Clark a déclaré que le gouvernement proposerait un encadrement susceptible d'inclure un vote contraignant des actionnaires lors de l'assemblée générale annuelle.

"Je veux que (les PDG) soient payés selon les performances et l'un des motifs de préoccupation n'est pas seulement le fait que les plus hauts salaires aient augmenté (...) mais celui qu'ils se soient nettement écartés des performances des actions", a-t-il dit.

(Elizabeth Piper; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)