November 28, 2016 / 6:02 PM / in 8 months

GRAPHES-Pas d'effet Fillon pour la dette de la France

6 MINUTES DE LECTURE

* La baisse des taux allemands ne profite à aucun autre pays euro:

* bit.ly/2fF49VX

* L'écart de taux France-Allemagne a doublé depuis fin octobre:

* bit.ly/2gCrZUk

* Rome concentre les risques politique, de solvabilité et bancaire

28 novembre (Reuters) - Le recul des taux allemands peine à profiter aux autres pays de la zone euro qui restent plombés soit par les incertitudes politiques, soit par l'ampleur de leur déficit et de leur dette publics, soit par la fragilité de leur système bancaire quand ce n'est pas les trois à la fois.

Le rendement des obligations à 10 ans de l'Etat allemand est retombé lundi à 0,2%, au plus bas depuis la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine du 8 novembre qui avait provoqué une flambée des taux liée aux perspectives de relance budgétaire massive par le président-élu.

Aucun pays de la zone euro ne bénéfice de cette relative détente, les écarts de rendement à dix ans avec l'Allemagne continuant de se creuser pratiquement partout, y compris dans les pays traditionnellement considérés comme les plus solvables.

Graphique sur l'évolution des écarts de rendements à 10 ans avec l'Allemagne dans les pays coeur et les principaux pays dits périphériques de la zone euro : bit.ly/2fF49VX

L'écart de rendement entre la France et l'Allemagne a pratiquement doublé depuis la fin octobre à près de 60 points de base et se rapproche des niveaux atteints au plus fort de la crise financière de 2008-2009 tout en demeurant très éloigné des pics de la crise des dettes souveraines de 2011-2012.

Graphiques sur l'évolution des écarts de rendement à 10 ans entre l'Allemagne et la France: bit.ly/2gCrZUk

La nette victoire remportée par François Fillon à la primaire des Républicains ne semble pas avoir rassuré les investisseurs.

"Le programme de Mr Fillon est très ambitieux sur le plan des réformes. En particulier, il envisage une détérioration initiale significative du déficit public et des réformes structurelles musclées concernant le droit du travail, les retraites et les fonctionnaires", notent les analystes de Barclays qui rappellent toutefois que l'élection présidentielle française est encore loin.

Ils soulignent aussi que Français Fillon est partisan de profondes réformes sur l'Europe, "ce qui pourrait conduire à des difficultés", notamment avec l'Allemagne.

La France cumule ainsi les inquiétudes sur sa solvabilité et la persistance d'une incertitude politique que la victoire de François Fillon à la primaire des Républicains n'a pas totalement levé.

D'autres pays dont les finances publiques sont en meilleure posture que celles de la France sont aussi pénalisés par le risque politique, notamment l'Autriche ou les Pays-Bas.

Dans le premier cas, l'ancien dirigeant écologiste autrichien Alexander Van der Bellen, qui se présente à l'élection présidentielle sous l'étiquette d'indépendant, est opposé au chef du parti d'extrême droite FPÖ (Parti de la liberté) Norbert Hofer dimanche prochain pour un nouveau second tour de scrutin. Le précédent, remporté de justesse par Van der Bellen, a été annulé pour irrégularités.

Aux Pays-Bas, où des élections législatives doivent avoir lieu en mars prochain, la formation d'extrême droite de Geert Wilders, le Parti pour la liberté, fait la course en tête dans les sondages d'intention de vote.

Des pays dont le paysage politique est moins incertain comme l'Irlande font quant à eux les frais de la fragilité de leur système bancaire alors que les créances douteuses atteignaient 1.200 milliards d'euros à fin 2015 au sein de la zone euro, soit 5,7% de l'actif total des banques. Cette proprotion atteint 21,5% en Irlande.

L'Italie cumule tous les risques, politique, de solvabilité et bancaire.

Le référendum constitutionnel de dimanche peut déstabiliser la coalition conduite par le président du Conseil Matteo Renzi en cas de victoire du non mais elle peut aussi ouvrir la voie à une refonte de la loi électorale susceptible de faire basculer le paysage politique sur une seule élection, en février 2018 ou avant en cas d'élections anticipées.

Les prêts non performants représentent 17% des actifs bancaires du pays et la troisième banque du pays, Banca Banca Monte dei Paschi di Siena, a reconnu lundi que des litiges dont le coût pourrait dépasser huit milliards d'euros, la dégradation de sa liquidité et la possibilité de nouvelles dépréciations d'actifs figuraient parmi les multiples risques susceptibles de faire échouer son plan de redressement de cinq milliards d'euros.

Enfin, Rome affiche l'un des ratios rapportant la dette publique au produit intérieur brut le plus élevé du monde et la soutenabilité de ses finances publiques est lourdement hypothéquée par une croissance atone.

Sur le même thème :

Italy, Austria in spotlight as eurozone bond markets fragments

Sources :

*A long winding road ahead for Mr Fillon. Barclays. 28 novembre 2016.

*La trumponimocs, c'est le coup fatal pour la zone euro. 25 novembre 2016.

*Référendum italien: Préparez-vous à un autre choc politique. Investment Research. Axa Investment managers. 23 novembre 2016.

*Italie : référendum et loi électorale, deux iongrédients pour une prochaine crise politique. Cross Asset Investment Strategy. Amundi Asset Management. Novembre 2016

Marc Joanny, édité par Véronique Tison

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