Pour Praet (BCE), l'intégration bancaire en zone euro cale

jeudi 24 novembre 2016 18h20
 

VIENNE, 24 novembre (Reuters) - Les systèmes bancaires nationaux de la zone euro sont en train de s'éloigner les uns des autres au lieu de se rapprocher, au risque d'accroître leur exposition en cas de chocs, a déclaré jeudi le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE).

Alors que les Etats membres de la zone euro avaient annoncé, après la crise financière et la crise de la dette, leur volonté d'accroître l'intégration du système bancaire afin de prévenir de nouveaux chocs, Peter Praet estime que les banques sont aujourd'hui davantage centrées sur leur marché d'origine qu'auparavant.

"Les systèmes bancaires sont en train de devenir plus nationaux qu'avant la crise", a-t-il dit à la presse à Vienne.

"C'est assez dangereux (...) Si un choc asymétrique se produit, le système bancaire du pays concerné sera trop exposé à ce pays."

La BCE assure directement depuis 2014 la supervision des principales banques de la zone euro et un Mécanisme de résolution unique a été créé pour faire face à d'éventuelles faillites dans le secteur, mais le processus d'union bancaire cale depuis deux ans, principalement en raison de la réticence de certains pays, dont l'Allemagne, à mettre en place un système commun de garantie des dépôts.

"J'ai le sentiment d'une certaine lassitude en matière d'intégration, avec pour résultat un manque de clarté sur ce que sera, au final, le régime de l'union bancaire", a dit Peter Praet.

"J'aimerais qu'il y ait une date pertinente. Quatre ou cinq ans, ce serait un délai raisonnable."

Il a réaffirmé le souhait de la BCE de voir mis en place un mécanisme unique de garantie des dépôts.

"Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu'il y ait un secteur bancaire intégré capable de partager les risques sans institutions communes capables elles aussi de partager les risques, notamment pour la garantie des dépôts et la résolution bancaire", a-t-il dit. (Noah Barkin; Marc Angrand pour le service français, édité par Bertrand Boucey)