La banque centrale de Turquie relève ses taux malgré Erdogan

jeudi 24 novembre 2016 13h43
 

ISTANBUL, 24 novembre (Reuters) - La banque centrale de Turquie a relevé jeudi son taux d'intérêt de référence de 50 points de base, faisant fi des demandes du président Recep Tayyip Erdogan pour un crédit bon marché.

Cette augmentation du coût de l'emprunt est une première en près de trois ans en Turquie.

La livre turque, qui a perdu environ 14% de sa valeur cette année en touchant une série de creux historiques, souffre de la comparaison avec le dollar américain, qui a repris de la vigueur depuis l'élection de Donald Trump. La devise turque pâtit également des inquiétudes liées à la situation intérieure du pays depuis le coup d'Etat avorté de juillet dernier.

Malgré cette hausse des taux, la livre s'affaiblit légèrement, aux environs de 3,40 pour un dollar, vers 12h35 GMT, après avoir touché un creux à 3,4211.

Recep Tayyip Erdogan, qui se décrit lui-même comme un "ennemi" des taux d'intérêt et proteste régulièrement contre les banques sur le coût élevé du crédit en Turquie, veut que la banque centrale réduise les coûts d'emprunt afin de stimuler la croissance économique.

La banque centrale turque a relevé son taux de prise en pension (repo) d'une semaine à 8% contre 7,5%, soit plus que la hausse de 25 points de base prévue par 12 des 19 économistes interrogés par Reuters.

"Les fluctuations du taux de change en raison de l'accroissement récent de l'incertitude et de la volatilité mondiales posent des risques à la hausse sur les perspectives d'inflation", écrit le comité de politique monétaire dans son communiqué.

"Le comité a décidé de mettre en oeuvre un resserrement monétaire pour contenir l'impact négatif de ces développements sur les attentes et le comportement des prix."

À la veille de la réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale, le président turc a dit avoir le droit de critiquer la banque centrale en dépit de son indépendance. (Daren Butler et Behiye Selin Taner; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)