Télécoms-Trump choisit pour la FCC des partisans du laisser-faire

mardi 22 novembre 2016 17h20
 

NEW YORK, 22 novembre (Reuters) - Le choix auquel le président-élu américain Donald Trump a procédé pour les experts destinés à exercer des responsabilités au sein de la Commission fédérale des communications (FCC) est synonyme pour l'avenir de plus de fusions et de moins de réglementation, de l'avis des analystes.

L'économiste Jeff Eisenach et Mark Jamison, un ex-lobbyiste de l'opérateur télécoms Sprint, ont été désignés par l'équipe de transition de Donald Trump pour superviser l'embauche et la politique de la FCC. Ils s'opposent tous deux à des réglementations récemment adoptées par le secteur des télécoms et ont par le passé apporté leur soutien aux méga-fusions.

La FCC est composée de cinq commissaires, dont l'un la préside. Ils sont nommés par le président des Etats-Unis mais doivent être approuvés par le Sénat. Seuls trois commissaires peuvent être du même parti politique et en choisissant le président de la FCC, Donald Trump ferait pencher la balance en faveur des républicains.

Ces deux nominations présagent d'une FCC "plus typiquement républicaine" qui sera plus souple en matière de réglementation et davantage focalisée sur la concurrence, explique Roger Entner, analyste chez Recon Analytics. "L'accent sera davantage mis sur la réduction de la réglementation que sur la création de nouvelles règles", dit-il.

Si cette politique était mise en oeuvre, elle trancherait avec celle menée sous l'administration Obama, caractérisée par une poignée de réglementations promulguées ou au moins proposées et par le blocage de certaines fusions, comme celle de Comcast avec Time Warner Cable ou celle d'AT&T avec T-Mobile.

Sous la présidence du démocrate Tom Wheeler, la FCC a eu des relations tendues avec les grandes groupes télécoms, certains d'entre eux s'étant fermement opposés à l'autorité de régulation sur la "neutralité" de l'internet en 2015.

La neutralité du net repose sur des règles égales pour tous afin d'éviter un réseau à deux vitesses. Ces règles obligent par exemple les fournisseurs de services Internet à traiter toutes les données de la même manière et les empêchent de bloquer ou de ralentir l'accès des consommateurs aux contenus.

Elles sont considérées comme une grande victoire des entreprises de l'internet comme Google, maison mère d'Alphabet, qui offrent quantités de services en ligne mais ne possèdent pas elles-mêmes les tuyaux par lesquels transitent les informations.

Jeff Eisenach a soutenu les projets de fusion d'AT&T et T-Mobile et de Sprint et T-Mobile, rejetés par le régulateur durant la présidence de Barack Obama, soulignent les analystes. Il est connu dans le milieu des télécommunications pour être partisans de laisser les mains libres aux entreprises, déclare Spencer Kurn, analyste chez New Street Research.   Suite...