France-L'industrie de la gestion veut se renforcer en vue du Brexit

mardi 22 novembre 2016 13h18
 

PARIS, 22 novembre (Reuters) - L'industrie française de la gestion d'actifs veut renforcer sa compétitivité pour capitaliser sur les opportunités offertes par la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit) et enrayer une érosion de sa croissance depuis 2008.

Avec 3.600 milliards d'euros d'encours en 2015, l'industrie de la gestion française occupe le deuxième rang en Europe mais sa croissance s'érode depuis 2008 tout particulièrement sur le marché de la domiciliation des fonds sur lequel elle a cédé plus de cinq points de parts de marché en une dizaine d'années au bénéfice du Luxembourg et de l'Irlande.

"Il fallait renforcer l'écosystème de la gestion en France et le Brexit est tombé à point nommé", a dit Yves Perrier, président de l'Association française de la gestion financière (AFG) en présentant le Livre blanc de l'organisation professionnelle sur la compétitivité de la gestion d'actifs française.

Une fois le Brexit effectif, "les Anglais ne doivent pas avoir le passeport européen" a poursuivi le directeur général d'Amundi en référence au dispositif qui permet à une société de gestion ayant obtenu un agrément de l'autorité de son pays d'origine d'exercer ses activité dans toute l'UE.

Avec une croissance de ses encours de 5,3% en rythme annualisé sur la période 2008-2015 contre 11,9% pour l'ensemble des fonds européens, la gestion française a vu sa part de marché diminuer pour tomber à 20%, loin derrière celle du Royaume-Uni qui est de 37%, a rappelé l'AFG.

L'organisme professionnel a formulé dix propositions pour faire de Paris le centre de référence de la gestion financière d'Europe continentale et saisir les opportunités offertes par le Brexit car "il n'y en aura pas d'autres", a prévenu Yves Perrier.

La mesure phare serait la création d'un produit d'épargne retraite individuel de capitalisation pan-européen pour développer l'épargne longue.

En matière fiscale, l'AFG a repris certaines des revendications traditionnelles du secteur financier comme la suppression de la taxe sur les salaires ou l'abandon de la taxe sur les transactions financières.

Didier Le Ménestrel, dirigeant de la Financière de l'Echiquier et coordinateur du Livre Blanc a toutefois mis en avant "deux idées qui sortent du cadre" : la création d'une clause de la fiscalité de l'épargne la plus favorisée pour l'épargne longue, qui permettrait d'appliquer en France le régime fiscal le plus favorable en Europe, et la création d'une zone franche pour l'industrie de la gestion visant notamment à rapatrier les services de domiciliation et d'administration de fonds qui ont fait le succès de Luxembourg.   Suite...