Rachat de SFR-Les concurrents vont réclamer des indemnités-sces

vendredi 18 novembre 2016 20h49
 

PARIS, 18 novembre (Reuters) - Les concurrents de SFR se préparent à réclamer en justice des indemnités à son propriétaire Altice, sanctionné pour avoir racheté l'opérateur avant d'en avoir obtenu l'autorisation, a-t-on appris vendredi auprès de plusieurs sources au fait du dossier, confirmant des informations de la Tribune.

L'Autorité de la concurrence a infligé au début du mois une amende de 80 millions d'euros au groupe de télécoms et de médias de Patrick Drahi pour avoir mis en oeuvre, sans attendre son feu vert, le rachat des opérateurs télécoms SFR et Virgin Mobile.

Altice et SFR ont pris acte de la décision de l'Autorité qu'ils ne contestent pas.

Les concurrents Orange, Free (Iliad ) et Bouygues Telecom (Bouygues ) estiment avoir subi un préjudice du fait du rachat anticipé de leur concurrent pour lequel ils prévoient de demander réparation, ont dit les sources.

Ils doivent toutefois au préalable obtenir la décision détaillée du gendarme de la Concurrence qui n'a pour l'instant publié qu'un communiqué de presse sur ce cas inédit en France de "gunjumping".

Il est difficile d'évaluer à ce stade le montant des indemnités que pourraient demander les opérateurs télécoms.

Altice n'a pas souhaité faire de commentaires sur ces informations.

L'enquête de la Concurrence a mis au jour de nombreuses pratiques démontrant qu'Altice avait pris le contrôle effectif de ses deux cibles dès le dépôt de sa demande d'autorisation de l'opération, et parfois même avant.

Altice a par exemple demandé dès juin à SFR d'arrêter des offres promotionnelles prévues pour tout l'été, bloqué des investissements dans l'informatique, obtenu des listes de clients détaillées avec les chiffres d'affaires afférents ou recueilli des informations clefs sur le projet de partage d'infrastructure avec le rival Bouygues Telecom.

Moins de trois semaines après le feu vert de la concurrence, SFR et Numericable ont lancé de nouvelles offres communes très haut débit, fruit d'une concertation qui a en réalité démarré dès le mois de mai, explique l'Autorité. (Gwénaëlle Barzic, édité par Bertrand Boucey)