November 17, 2016 / 10:52 AM / 8 months ago

La BCE doit revenir sur sa politique d'assouplissement-Mersch

3 MINUTES DE LECTURE

FRANCFORT, 17 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) doit mettre fin progressivement à ses mesures de relance énergiques "dès que possible", même si cela prendra probablement du temps en raison du volume élevé d'obligations que l'institution de Francfort achète, déclare jeudi Yves Mersch, membre du directoire de la BCE.

Yves Mersch estime également que la perspective de politiques budgétaire et monétaire plus relâchées dans le monde, accompagnant une réglementation devenue plus souple, comme le préconise le président américain élu Donald Trump, risque de provoquer une nouvelle crise financière.

La politique d'assouplissement de la BCE, axée sur l'achat d'obligations et sur des taux d'intérêts négatifs, était appropriée lorsque la reprise dans la zone euro était hésitante, explique-t-il.

Mais à présent l'institution de Francfort doit mettre fin aussitôt que possible à cette politique au risque de donner aux pays de la zone euro de "mauvaises incitations", ce qui en fin de compte pourrait aller à l'encontre des règles de la BCE interdisant le financement monétaire des États.

"Nos mesures (...) ont été introduites comme des mesures temporaires et doivent être retirées dès que possible", a-t-il dit, lors d'une conférence à Francfort.

"Compte tenu du volume du programme d'achats cela prendra un certain temps mais le déploiement prolongé de nos achats d'actifs créerait, par exemple de mauvaises incitations au financement des Etats".

La BCE achète chaque mois pour 80 milliards d'euros d'actifs, principalement des emprunts d'État, dans l'espoir de porter l'inflation vers son objectif d'un peu moins de 2%.

Selon Yves Mersch, l'inflation dans la zone euro qui est actuellement de 0,5%, pourrait remonter à 1,9% en 2019.

Yves Mersch a par ailleurs dit que la BCE pourrait sous peu considérer que les taux d'intérêt ont atteint un creux, tout en restant "très prudente" dans l'ajustement de sa politique monétaire.

Prié de dire s'il pouvait déclarer que les taux d'intérêt ne baisseraient plus, Mersch a répondu: "À mon avis, nous ne sommes pas loin du point où nous pourrons le déclarer", tout en ajoutant: "La BCE sera très prudente dans l'ajustement de sa politique."

La croissance de la zone euro est encore fragile et l'inflation ne se redresse pas de manière durable mais en agissant trop tôt la BCE pourrait faire beaucoup de dégâts, a-t-il expliqué.

Il a également mis en garde contre les attentes excessives en ce qui concerne la réunion de décembre de l'institution, notant que la forte augmentation des rendements obligataires au cours des dernières semaines pourrait avoir un impact sur l'évaluation de la banque centrale. (Balazs Koranyi; Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below