RPT LEAD 1-France-Petit rebond du chômage au pire moment pour Hollande

jeudi 17 novembre 2016 14h41
 

(Corrige coquille au 1er paragraphe)
    PARIS, 17 novembre(Reuters) - Le petit rebond du taux de
chômage au troisième trimestre en France est une mauvaise
nouvelle supplémentaire pour François Hollande, à quelques
semaines de l'annonce de sa décision sur son éventuelle
candidature à l'élection présidentielle de 2017.
    Le gouvernement et l'entourage du président - qui a fait de
la baisse du chômage une condition pour se présenter -
comptaient sur la poursuite du recul de ce taux pour éclipser
les chiffres très volatils des demandeurs d'emploi qui alternent
hausse et baisse chaque mois.
    La dernière publication avant l'annonce par François
Hollande de sa décision début décembre interviendra jeudi
prochain, avec les chiffres des inscrits à Pôle emploi à fin
octobre.
    Selon les données publiées jeudi par l'Insee, le taux
de chômage calculé selon les normes du Bureau international du
travail (BIT) a progressé de 0,1 point en France métropolitaine
pour s'établir à 9,7%. Il a également augmenté de 0,1 point en
incluant les départements d'Outre-mer, à 10,0%, en hausse pour
la première fois depuis le troisième trimestre 2015.
    Cette hausse corrige la forte baisse (-0,3 point) intervenue
au deuxième trimestre et contraste avec l'annonce, faite la
semaine passée par l'Insee, de la création nette de 52.200
postes dans le privé au troisième trimestre.  
    Dans sa note de conjoncture d'octobre, l'institut prévoyait
une stabilisation au troisième trimestre, à 9,6% en France
métropolitaine et 9,9% avec les départements d'Outre-mer.
    Selon la ministre du Travail Myriam El Khomri, "malgré cette
légère hausse trimestrielle des chiffres du chômage de l'Insee,
les bons résultats que nous enregistrons en matière de créations
nettes d'emploi se traduisent par une baisse notable du chômage
sur un an, la plus forte depuis huit ans". 
    Le chômage a ainsi baissé de 10,5% à 10,0% de la population
active entre le troisième trimestre 2015 et le troisième
trimestre de cette année et de 10,1% à 9,7% pour la seule France
métropolitaine.
        
    TABLEAU CONTRASTÉ
    La hausse globale du troisième trimestre s'accompagne d'un
recul du taux de sous-emploi, du taux d'emploi partiel et du
halo autour du chômage, relève sur Twitter Denis Ferrand, le
directeur général de l'institut économique COE-Rexecode. 
    Selon les données publiées par l'Insee à l'échelle de la
France métropolitaine, la proportion de personnes se trouvant en
situation de sous-emploi - principalement des personnes à temps
partiel qui souhaiteraient travailler davantage - a diminué de
0,4 point par rapport au trimestre précédent pour s'établir à
6,3%. 
    Le taux d'emploi à temps partiel reflue également de 0,1
point - à la fois sur un trimestre et sur un an - à 11,7%,
tandis que le taux d'emploi à temps complet a augmenté de 0,2
point sur le trimestre et de 0,4 point sur un an, à 53,0%.  
    L'Insee a par ailleurs recensé 1,5 million de personnes
souhaitant un emploi sans être considérées comme des chômeurs
par le BIT parce qu'elles ne sont pas disponibles dans
l'immédiat ou qu'elles ne cherchent pas activement.
    Cette population, qualifiée de "halo du chômage", a diminué
de 26.000 personnes par rapport au deuxième trimestre et de
70.000 sur un an.
     Le taux de chômage de longue durée, qui recouvre les
personnes déclarant rechercher un emploi depuis au moins un an,
reste en revanche stable à la fois sur le trimestre et sur un
an, à 4,3% de la population active en France métropolitaine. 
    Ce taux oscille entre 4,2% et 4,3% depuis début 2014, à des
plus hauts depuis le début de cette série statistique en 2003.
    La progression du troisième trimestre a principalement pesé
sur les jeunes, dont le taux de chômage a augmenté de 1,2 point
pour s'établir à 25,1% en France métropolitaine, au plus haut
depuis la fin 2012.
    Les seniors n'ont pas été épargnés, avec une hausse de 0,5
point par rapport au deuxième trimestre, à 7,0%. 
    Seuls les 25-49 ans ont vu leur taux de chômage reculer de
0,2 point, à 8,7%. Cette diminution globale est alimentée par
une baisse de 0,7 point chez les hommes de cette tranche d'âge,
tandis que pour les femmes, une progression de 0,2 point a été
enregistrée.     
    En se fondant sur les critères du BIT, ce qui permet les
comparaisons internationales, le nombre de chômeurs s'élevait à
2,805 millions en France métropolitaine en moyenne au troisième
trimestre, soit 31.000 personnes de plus par rapport au deuxième
trimestre.
    A titre de comparaison, le nombre de demandeurs d'emploi
sans aucune activité (catégorie A) inscrits à Pôle emploi
atteignait 3.490.500 fin septembre. 
    
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee : 
    bit.ly/2fxv0a6
   
    Les indicateurs français en temps réel               
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
     Le point sur la conjoncture française               
 
 (Myriam Rivet et Jean-Baptiste Vey, édité par Yann Le
Guernigou)