La BNS prête à freiner la hausse du franc suisse-dirigeants

mercredi 16 novembre 2016 12h32
 

LONDRES/ZURICH, 16 novembre (Reuters) - Le président et le vice-président de la Banque nationale suisse (BNS) ont mis en avant mercredi leur engagement à freiner la hausse du franc qui a atteint ses plus hauts niveaux face à l'euro depuis le mois de juin et les secousses qui ont suivi le vote des Britanniques en faveur du "Brexit".

Le vice-président de la BNS, Fritz Zurbrügg, a déclaré que les interventions sur le marché des changes étaient devenues un instrument de plus en plus important de la politique de la banque centrale depuis que la crise financière et la crise de la dette en zone euro avaient accentué le statut de valeur refuge du franc.

"Depuis janvier dernier, notre politique monétaire est fondée sur deux éléments. Le premier tient aux taux d'intérêt négatifs (...) et le deuxième élément, qu'il est important de souligner, est une volonté d'intervenir sur les marchés des changes si nécessaire", a-t-il dit lors d'une conférence sur le secteur bancaire organisée par UBS à Londres.

"Nous avons un mandat, qui est d'assurer la stabilité des prix, et nous avons prouvé par le passé que nous ferons ce qui est nécessaire pour le respecter."

A Zurich, le président de la BNS, Thomas Jordan, a fait passer au gouvernement suisse le même message lors de leur réunion annuelle pour discuter de l'état de l'économie du pays, très tourné vers l'exportation, et de la politique monétaire.

"Si la conjoncture s'est légèrement améliorée chez les principaux partenaires commerciaux de la Suisse, l'avenir reste très incertain", lit-on dans un communiqué publié par le conseil fédérale.

Présentant les perspectives de croissance de l'économie suisse pour l'an prochain et la politique monétaire de la BNS, Thomas Jordan "a notamment indiqué que la politique monétaire consistant à appliquer des taux d'intérêt négatifs prend en compte la situation actuelle qui reste marquée par une nette surévaluation du franc", précise le communiqué. "Il a par ailleurs souligné qu'en cas de besoin, la Banque nationale continuerait à intervenir sur le marché des changes."

Après ces propos le franc a reculé face à l'euro, autour de 1,0750 avant de se stabiliser à 1,0745 vers 11h00 GMT. (Marc Jones à Londres et John Revill à Zurich, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)