LEAD 1-Brexit-La BCE discute avec des banques basées à Londres

mardi 15 novembre 2016 16h49
 

(Actualisé avec autres déclarations de Sabine Lautenschläger et de Mark Carney)

FRANCFORT, 15 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne discute avec des banques cherchant à transférer une partie de leurs activités de Londres vers la zone euro à la suite du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne, a déclaré mardi Sabine Lautenschläger, membre du directoire de la BCE et responsable de la surveillance bancaire.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, a prédit de son côté que des établissements basés à Londres pourraient commencer à transférer des activités dès fin 2017 si le scénario d'un Brexit "dur" se profile et si le gouvernement de Theresa May déclenche la procédure de sortie de l'UE en mars prochain comme prévu.

Les banques basées en Grande-Bretagne craignent de perdre leur passeport européen, qui leur permet de vendre leurs services dans toute l'UE, un marché de 450 millions de personnes, après le Brexit. Certaines pourraient délocaliser suffisamment d'actifs et d'opérations vers la zone euro pour être placées sous la supervision de la BCE.

"Il y a déjà de nombreuses banques qui nous demandent des entretiens et des réunions pour pouvoir identifier quels sont nos points de pression et où nos méthodes diffèrent de celles de la PRA", a dit Sabine Lautenschläger lors d'une conférence à Francfort. "Il est certain que nous nous préparons."

L'Autorité de régulation prudentielle (PRA) de la BoE est actuellement la principale autorité de tutelle non seulement pour les établissements britanniques mais aussi pour les activités européennes des banques américaines et asiatiques.

L'UE a prévenu à de multiples reprises la Grande-Bretagne que la liberté de circulation des capitaux ne pouvait pas être séparée de la liberté de circulation des personnes. Or, les banques installées à la City de Londres craignent que Theresa May privilégie la maîtrise de la politique d'immigration dans ses négociations avec l'UE sur le Brexit, quitte à perdre l'accès au marché unique européen.

"Nous avons un groupe de travail (...) qui examine tous les scénarios possibles, passeport européen ou non, autorisations, approbations de modèles (...) et voit quels types de préparatifs peuvent être effectués avec nos collègues de la PRA", a dit Sabine Lautenschläger.

A Londres, Mark Carney a déclaré que banquiers et assureurs se préparaient à divers scénarios face au risque d'une perte d'accès au marché unique européen. Il a toutefois jugé qu'il serait "précipité" de leur part de prendre des décisions définitives.

Le gouverneur de la BoE a estimé que les établissements financiers pourraient commencer à délocaliser leurs activités environ un an et demi avant la sortie effective de la Grande-Bretagne de l'UE si un Brexit "dur", avec perte du passeport européen leur semble probable. (Francesco Canepa, Véronique Tison et Bertrand Boucey pour le service français)