LEAD 1-Syrie-L'ONG Sherpa poursuit Lafarge pour arrangements avec l'EI

mardi 15 novembre 2016 14h18
 

(Actualisé avec communiqué de Sherpa, réaction Lafarge)

PARIS, 15 novembre (Reuters) - Sherpa, une association française de défense des victimes de crimes économiques, a déposé plainte mardi contre LafargeHolcim pour les conditions d'activité de la cimenterie Lafarge de Jalabiya, en Syrie, au cours des années passées.

Le Monde avait rapporté en juin que le cimentier français avait payé des taxes à l'organisation Etat islamique (EI) en 2013 et 2014 afin de pouvoir continuer à fonctionner pendant la guerre.

"(Lafarge et sa filiale Lafarge Cement Syria) ont pu contribuer, en entretenant des relations commerciales avec le groupe Daech (acronyme arabe de l'EI) en Syrie, au financement du terrorisme, se rendant ainsi potentiellement complices de crimes de guerre et crimes contre l'humanité", a indiqué l'ONG dans un communiqué.

Sherpa, associé au Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'homme (ECCHR) de Berlin, a également annoncé poursuivre Lafarge pour "mise en danger délibérée d'autrui" pour ne pas avoir évacué et fermé l'usine plus tôt.

Une porte-parole de LafargeHolcim a refusé de commenter cette action en justice.

"En Syrie comme ailleurs, la priorité du groupe a toujours été la sécurité de nos collaborateurs et de leurs familles", a-t-elle ajouté, soulignant que l'usine jouait un rôle vital pour les Syriens en terme de matériaux de construction et d'emplois.

Le cimentier, aujourd'hui partie intégrante de l'ensemble LafargeHolcim depuis la fusion avec le suisse Holcim, a mis en oeuvre une revue interne sur les éléments relatés, le code de conduite du groupe incluant l'interdiction de traiter avec des groupes classés comme terroristes.

La porte-parole de LafargeHolcim a souligné que la revue interne était menée de manière approfondie et qu'elle était toujours en cours. (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)