LEAD 1-Constancio (BCE) prudent quant au rally post-Trump des marchés

lundi 14 novembre 2016 12h07
 

(Actualisé avec des détails)

FRANCFORT, 14 novembre (Reuters) - Les marchés financiers jugent que la victoire du républicain Donald Trump à la présidentielle américaine la semaine passée pourrait être un plus pour la croissance économique mais l'Europe et les pays émergents risquent de souffrir d'un éventuel protectionnisme américain, a déclaré lundi le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

"Il faudrait se garder de tirer hâtivement des conclusions positives à partir de cette évolution du marché parce qu'elle n'implique pas forcément que l'économie mondiale jouira d'une reprise accélérée avec une croissance plus élevée", a dit Vitor Constancio, à l'occasion d'une manifestation à Francfort.

"Pour l'instant, cette évolution va dans le sens d'une hausse de la croissance américaine mais dans le contexte d'une politique du style 'l'Amérique d'abord'", a-t-il ajouté, observant que des risques et incertitudes considérables menacent toujours la stabilité financière.

Cela étant, Constancio a confirmé sa prévision d'une reprise continue de la zone euro et d'une inflation "bien supérieure à 1%" d'ici au printemps 2017, contre 0,5% actuellement, pour autant que "les retombées potentiellement négatives de l'incertitude mondiale actuelle" ne se concrétisent pas.

Le vice-président a appelé de ses voeux des politiques économiques "plus expansionnistes" pour soutenir la croissance.

Il n'y a pas lieu, selon lui, de réagir à la forte et récente hausse des rendements obligataires souverains, la pentification de leur courbe se justifiant par les ambitions économiques affichées par Donald Trump et n'étant pas mauvaise pour les banques.

Cette brusque remontée des rendements obligataires provoquée par l'élection à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, qui a promis des politiques expansionnistes susceptibles de relancer l'inflation, a amputé la capitalisation obligataire mondiale de plus de 1.000 milliards de dollars et propulsé les taux de référence à des niveaux oubliés depuis des mois.

(Francesco Canepa et Balazs Koranyi, Wilfrid Exbrayat pour le service français)