Après la victoire de Trump, les sondeurs encore sur le gril

vendredi 11 novembre 2016 08h40
 

par David Ingram et Jeffrey Dastin

NEW YORK, 11 novembre (Reuters) - Seule une poignée de petits instituts de sondage ont prédit la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison blanche et devant la nouvelle déroute des géants d'un secteur qui pèse 20 milliards de dollars, quelques mois après celle du Brexit, leur recette gagnante suscite déjà l'intérêt des investisseurs.

L'une des rares sociétés à ne pas avoir vu à tort Hillary Clinton devenir présidente des Etats-Unis est la sud-africaine Brandseye, qui utilise une méthode d'évaluation de l'opinion publique différente de celles de ces rivaux, en analysant les messages sur les réseaux sociaux.

Brandseye, dont les bureaux sont à Johannesburg et au Cap, ne recourt pas aux enquêtes téléphoniques traditionnelles mais confie à ses employés dans le monde entier le soin de collecter les messages jugés significatifs.

Le résultat de ce processus, appelé "crowd-sourcing", est soumis à un algorithme informatique qui permet de déterminer la perception d'un produit ou d'une personnalité politique.

Cette méthode a permis de prédire la victoire de Donald Trump, comme celle des partisans du Brexit au Royaume-Uni.

"Mon téléphone n'arrête pas de sonner", a déclaré à Reuters JP Kloppers, le PDG de Brandseye. D'après lui, des investisseurs en capital-risque se sont manifestés pour prendre des parts dans la société et des instituts de sondage l'ont contacté pour en savoir plus sur sa méthode.

L'homme d'affaires sud-africain, dont la société a notamment pour clients Uber, des banques, sociétés de télécommunications et des agences gouvernementales de pays qu'il n'a pas souhaité dévoiler, se dit disposé à signer des contrats de licence pour l'utilisation de sa technologie.

"Il n'y a pas d'élections tous les ans, mais il y a des entreprises et des gouvernements qui ont besoin de connaître chaque jour ou chaque semaine ce qui motive la satisfaction ou l'insatisfaction des consommateurs", a-t-il souligné.   Suite...