Enquête en Italie sur des ventes de diamants par des banques

jeudi 10 novembre 2016 17h36
 

par Maria Pia Quaglia

MILAN, 10 novembre (Reuters) - La Consob, le gendarme boursier italien, étudie les conditions dans lesquelles certaines banques ont effectué des ventes de diamants, à la suite de la diffusion à la télévision d'un reportage selon lequel ces opérations présentaient un caractère litigieux.

Plusieurs banques italiennes écoulent des diamants pour le compte de courtiers, une association peu banale qui a permis à ces derniers de réaliser autour de 300 millions d'euros de ventes l'an dernier.

La chaîne Rai3 a rapporté en octobre qu'un certain nombre de banques avaient vendu à certains de leurs clients des diamants comme produits financiers, deux fois au-dessus de leur prix de marché. Elle a diffusé des images montrant un salarié d'une banque en train de conseiller à un client d'investir dans le diamant sans lui signaler les risques de ce placement.

"Nous réexaminons le dossier de fond en comble afin de savoir s'il faut agir au niveau réglementaire ou avec des recommandations particulières, s'il y a des zones grises ou une carence réglementaire que nous devons résorber ou encore s'il y a des abus dont on doit informer le pouvoir judiciaire", a dit un porte-parole de la Consob.

Parmi les établissements qui se livrent au commerce de diamants figurent Intesa Sanpaolo, UniCredit, Ubi Banca et Banco Popolare.

Un porte-parole d'Intesa Sanpaolo a dit que la banque s'assurait que les diamants ne soient proposés qu'à des clients disposant d'un patrimoine d'au moins 100.000 euros.

UniCredit, Ubi Banca et Banco Popolare se sont refusés à tout commentaire.

Les deux principaux courtiers opérant par voie bancaire sont Intermarket Diamond Business (IDB) et Diamond Private Investment (DPI). DPI s'est refusé à tout commentaire; une porte-parole d'IDB a dit que les prix élevés incorporaient un coût de courtage et d'autres services, ajoutant que le courtier conseillait à ses clients de n'investir qu'une petite partie de leur patrimoine en diamants et qu'il les invitaient à en faire un placement à long terme.

Les organisations de protection du consommateur GloboConsumatori et Aduc ont dit qu'elles avaient reçu une vingtaine de plaintes liées à ces opérations.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)