9 novembre 2016 / 18:52 / il y a un an

LEAD 1-France-Le taux du livret A maintenu à 0,75% au 1er février

(Avec détails supplémentaires et Villeroy de Galhau)

PARIS, 9 novembre (Reuters) - Le ministre de l‘Economie et des Finances, Michel Sapin, a confirmé mercredi que le taux du livret A serait maintenu à 0,75% au 1er février, lors de sa prochaine revue, malgré la modification de la formule utilisée pour le déterminer.

En juillet, le ministère des Finances avait accueilli “positivement” une proposition en ce sens du gouverneur de la Banque de France pour la rémunération du produit d‘épargne le plus populaire de France.

Dans un communiqué, il indique apporter deux modifications à la formule de calcul du taux, qui tient compte du niveau de l‘inflation hors tabac, très faible pour le moment, et des taux du marché monétaire - en territoire négatif du fait de la politique de la Banque centrale européenne (BCE) -, avec une majoration d‘un quart de point.

Les indices utilisés pour les taux monétaires et l‘inflation seront désormais lissés sur six mois “afin de prévenir toute variation brutale” du taux du livret A et la majoration par rapport à l‘inflation sera suspendue lorsque celle-ci est sensiblement supérieure aux taux de marché, “afin d‘éviter une divergence excessive entre les taux de marché et la rémunération de l‘épargne”.

Cité dans le communiqué, Michel Sapin explique que cette modification vise trois objectifs : maintenir une rémunération attractive, préserver la qualité du financement du logement social, rendre plus prévisible et lisser l‘évolution du taux du livret.

“Quelle que soit l‘incidence de la nouvelle formule de calcul, le taux du livret A ne baissera pas et sera maintenu au 1er février 2017 à 0,75%”, ajoute-t-il.

UNE PREMIÈRE FORMULE EN 1999

La fixation du taux des 61,1 millions de livrets A individuels reste une affaire hautement sensible, même depuis que Dominique Strauss-Kahn a, en 1999, introduit une première formule de calcul censée simplifier les décisions des politiques mais qui n‘a, dans les faits, jamais été véritablement suivie.

Malgré l‘évolution de la formule, des dérogations ont été régulièrement invoquées pour atténuer les baisses, la dernière en date en juillet dernier quand le taux aurait dû être fixé à 0,50%, un plus bas historique.

A 0,75%, il reste particulièrement élevé dans l‘environnement actuel pour un produit liquide et totalement défiscalisé, alors que le rendement des emprunts d‘Etat français à 10 ans dépasse à peine 0,50% avant prélèvements.

Le précédent gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, estimait que le maintien d‘un écart important entre les taux du marché et du livret A constituait un frein à la transmission de la politique de la BCE à l‘économie française en renchérissant le coût des ressources des banques, contraintes d‘aligner la rémunération de leurs produits d‘épargne.

Son successeur François Villeroy de Galhau a insisté sur l‘impact d‘un taux du livret A élevé sur le financement du logement social, sa principale utilisation, en soulignant qu‘un surcoût de 0,5% sur les taux “représente une charge accrue d‘environ 8.000 euros par an pendant trente ans pour chaque nouveau logement”.

Dans une interview à la chaîne France Info, il a indiqué que “l‘adaptation limitée” de la formule permettrait de concilier la protection de l‘épargne et le financement du logement social pour éviter qu‘il soit “trop pénalisé alors que tout le reste de l‘économie bénéficie des taux bas” résultant de la politique de la BCE. (Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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