9 novembre 2016 / 14:28 / il y a 9 mois

Déficit-La CE voit l'Italie hors des clous en 2016 et 2017

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 9 novembre (Reuters) - L'Italie ne respectera ni cette année ni l'an prochain les limites définies par l'Union européenne en matière de déficit budgétaire et de dette publique, estime la Commission européenne dans ses prévisions publiées mercredi, une semaine avant l'avis formel de Bruxelles sur le projet de budget élaboré par Rome.

L'exécutif européen étudie chaque année les projets de loi de finances des Etats membres de la zone euro afin de vérifier leur conformité avec les règles communes.

Or l'Italie, où doit se tenir le 4 décembre un référendum sur le projet de réforme constitutionnelle du président du Conseil, Matteo Renzi, a adressé à la Commission un projet qui rompt avec les promesses antérieures en matière de discipline budgétaire.

La Commission doit rendre le 16 novembre son avis formel sur le projet italien comme sur ceux des 18 autres pays de la zone euro. Mais les prévisions économiques d'automne qu'elle a publiées mercredi montre que si Rome ne modifie pas son projet de budget, le déficit ne sera pas réduit en 2017 et atteindra 2,4% du produit intérieur brut (PIB), le niveau prévu cette année. Il devrait même se creuser en 2018, à 2,5% du PIB.

Après avoir promis en mai de ramener son déficit à 1,8% en 2017, le gouvernement italien a écrit récemment à la Commission pour expliquer qu'il serait plus important en raison d'une croissance inférieure aux attentes.

LA DETTE POURRAIT ATTEINDRE 133,1% DU PIB EN 2017

Le déficit structurel, qui exclut les effets du cycle économique sur les revenus et les dépenses ainsi que les éléments exceptionnels, est en hausse constante depuis 2014 en Italie et il devrait atteindre 2,2% en 2017 après 1,6% en 2016, puis 2,4% en 2018.

Cette tendance ignore totalement les recommandations de Bruxelles, qui prévoient une réduction du déficit structurel d'au moins un demi-point de PIB par an jusqu'au retour à l'équilibre.

Le gouvernement italien explique cette entorse par les dépenses extraordinaires liées à la crise migratoire et à la reconstruction après les tremblements de terre des derniers mois. Mais ces éléments n'entrent pas dans le calcul du déficit structurel et la Commission a jugé ces explications "non constructives".

La dette publique italienne, elle, devrait continuer de s'alourdir pour atteindre un nouveau record historique à 133,1% du PIB l'an prochain, un dixième de point de plus que cette année.

Les règles communautaires prévoient pourtant que Rome réduise le poids de sa dette à raison, d'un vingtième par an en moyenne sur trois ans de la différence entre le ratio dette/PIB actuel et le plafond de 60% prévu par l'UE.

L'application stricte de cette règle impliquerait que la dette italienne soit réduite de 3,65 points de PIB par an.

Rome se dit incapable de réduire sa dette en raison de la faiblesse de l'inflation, bien que la Commission prévoie une nette accélération de la hausse des prix en Italie, à 1,2% l'an prochain contre zéro cette année.

Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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