November 8, 2016 / 3:53 PM / 8 months ago

GRAPHES-Les marchés tournent la page de la crise au-delà du scrutin US

6 MINUTES DE LECTURE

* Les défensives massivement arbitrées au profit des bancaires

* bit.ly/2fkiFnc

* L'incertitude liée à l'élection pousse le Vix au dessus de 20

* bit.ly/2fkgU9o

* Le PMI mondial au plus haut depuis deux ans

* bit.ly/2fzPqO3

* Les résultats du T3 au rendez-vous

PARIS, 8 novembre (Reuters) - Le regain d'incertitude et de volatilité lié à l'élection présidentielle américaine a masqué un mouvement massif d'arbitrage massif des valeurs défensives en faveur des valeurs bancaires amorcé en octobre, un signe de la confiance des investisseurs dans la pérennité de la reprise économique et la fin prochaine des politiques monétaires d'exception.

L'approche de l'élection présidentielle américaine et le resserrement dans les sondages des scores attendus des deux grands prétendants ont entraîné un regain de volatilité, illustrée par la hausse de l'indice Vix.

Graphique sur l'évolution de l'indice Vix de volatilité des options sur le S&P 500 : bit.ly/2fkgU9o

Les investisseurs ont dans le même temps massivement arbitré depuis le début du mois d'octobre les valeurs défensives au profit des valeurs bancaires au sein de la zone euro.

Les défensives, qui regroupent selon François Chevallier, stratégiste de la banque Leonardo, non seulement celles qui ne sont pas liées au cycle comme les cosmétiques ou l'agroalimentaire mais aussi celles qui sont inélastiques aux prix, comme le luxe, ou encore les valeurs de croissance comme les technologiques et celles aux revenus récurrents comme les concessions, ont subi des prises de bénéfices, impressionnantes pour certaines d'entre elles.

"La bulle consécutive à l'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE), qui a fait des défensives un refuge contre les taux nuls, n'a pas complètement éclaté", prévient-il toutefois.

A l'inverse, les banques européennes ont retrouvé la faveur des investisseurs.

Graphiques sur l'évolution de l'indice Russell des valeurs défensives et des valeurs bancaires de la zone euro depuis début 2016 et depuis début octobre : bit.ly/2fkiFnc

"Au-delà des créances douteuses et des mutations structurelles, les bancaires ont souffert des politiques monétaires conventionnelles, pénalisés autant par des taux de dépôt négatifs que par l'aplatissement de la courbe des taux consécutif aux achats d'obligations de la BCE", rappelle François Chevallier.

Les marchés ont été prompts à réagir à l'accélération de la croissance mondiale et aux perspectives de remontée des taux courts américains, poursuit-il.

Bernard Aybran, directeur de la multigestion d'Invesco Asset Management, note quant à lui que "d'un point de vue macroéconomique, la croissance de part et d'autre de l'Atlantique s'est avérée particulièrement vigoureuse". Une référence à la croissance solide en Europe et en Grande-Bretagne - malgré le Brexit - au troisième trimestre, durant lequel le produit intérieur brut des Etats-Unis a progressé de 2,9% en rythme annualisé.

"De nombreux indicateurs avancés pointent également vers une expansion de l'activité dans la plupart des grandes régions", souligne Bernard Aybran.

Les indices PMI des directeurs d'achat d'octobre ont été soutenus dans les trois grandes zones suivies (Etats-Unis, Chine et zone euro), contribuant à une remontée de l'indice PMI manufacturier mondial calculé par JP Morgan à 52, à son meilleur niveau depuis deux ans et bien au-dessus du seuil de 50 qui départage les situations de récession et d'expansion.

François Chevallier rappelle que le PMI mondial est corrélé aux variations annuelles du MSCI World et signale donc un marché haussier.

Graphique sur l'indice PMI Composite monde et la performance annualisée de l'indice MSCI Monde : bit.ly/2fzPqO3

Bernard Aybran note aussi que les résultats trimestriels américains recèlent une double bonne surprise. Les bénéfices par action sont dans l'ensemble supérieurs aux attentes, "ce qui est relativement habituel". Mais surtout, "les bénéfices du S&P 500 pourraient afficher leur premier trimestre de croissance après une série de baisses trimestrielles".

Nicolas Chaput et Laurent Denise, co-directeurs des investissements d'Oddo Meriten, relèvent que les sociétés européennes "se montrent un peu moins à leur avantage avec une dispersion marquée suivant les secteurs" mais qu'elles devraient enregistrer leur deuxième meilleur cru trimestriel sur les cinq dernières années.

Au final, résume Bernard Aybran, "l'année 2016 pourrait connaître des bénéfices par action en hausse de 0,7% aux Etats-Unis et de 2,6% en zone euro."

"L'un des conséquences de ces nouvelles macro- et microéconomiques est la hiérarchie des performances sectorielles: une rotation très claire vers certains secteurs cycliques s'est accentuée au mois d'octobre."

"Sur le seul mois d'octobre, en Europe, l'écart entre le pire - la technologie - et le meilleur - les banques - secteur avoisine 18% : le positionnement sectoriel s'est avéré crucial ces derniers temps."

Sources :

*Arbitrages des défensives pour les banques: les marchés tournent la page de la crise. Flash éco/marchés. Banques Leonardo. 8 novembre 2016

*Les pressions structurelles à la baisse des taux d'intérêt demeurent fortes. Tendance & Allocation. Invesco. 8 novembre 2016.

*Document d'allocation d'actifs du mois de novembre. Oddo Meriten Asset Management. 8 novembre 2016

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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