GB-Deliveroo sommé de négocier une convention collective

mardi 8 novembre 2016 15h25
 

LONDRES, 8 novembre (Reuters) - Un syndicat britannique veut être reconnu par Deliveroo, société spécialisée dans la livraison de repas, afin de pouvoir négocier un accord collectif pour ses livreurs.

Cette initiative survient deux semaines à peine après qu'un tribunal eut jugé qu'Uber devait verser à ses chauffeurs un salaire minimum, assurer leurs congés payés et les rémunérer en cas d'arrêt maladie, verdict susceptible de concerner des dizaines de milliers de personnes à travers la Grande-Bretagne.

Le syndicat britannique des travailleurs indépendants (Independent Workers Union of Great Britain, IWGB) veut que Deliveroo, qui existe depuis 2013, le reconnaisse comme interlocuteur à Camden, un quartier du nord de Londres, première étape vers la négociation d'une amélioration des conditions de travail et des salaires des livreurs.

Depuis août, Deliveroo rémunère ses coursiers à la livraison et non plus à l'heure, déclenchant la fureur du parti travailliste qui y voit un "système digne de l'ère victorienne" et suscitant l'opposition de certains de ses salariés.

L'entreprise s'était par la suite excusée et avait dit que ses coursiers pouvaient refuser le nouveau système bien qu'il reste à l'essai dans des quartiers tels que Camden.

"Nous voulons obliger Deliveroo à conclure une convention collective avec le syndicat afin que nous puissions négocier les rémunérations et les conditions de travail de nos membres", a déclaré le secrétaire général de l'IWGB, Jason Moyer-Lee.

"Nous voulons qu'ils soient légalement reconnus comme 'salariés', tout comme dans le cas d'Uber", a-t-il ajouté, donnant à Deliveroo 10 jours pour réagir à sa demande.

L'économie dite de partage, appelée "gig economy", crée quantité de petits jobs sans couverture sociale et sans salaire minimum, qui est en Grande-Bretagne de 7,20 livres (8,06 euros) de l'heure. (Costas Pitas; Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)