Italie-Rome renonce à prolonger la ligne C de son métro

vendredi 4 novembre 2016 19h44
 

ROME, 4 novembre (Reuters) - Le conseil municipal de Rome a voté vendredi l'arrêt du financement de la troisième ligne du métro de la ville, mettant un terme à un projet qui a pris des années de retard, dont les coûts se sont envolés et qui est entaché de scandales de corruption.

Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui a remporté les élections municipales de juin, a expliqué qu'il ne pouvait plus justifier les dépenses publiques liées au projet et ajouté qu'il allait étudier d'autres solutions pour répondre aux besoins de la capitale italienne en matière de transports.

"La société Roma Metropolitane n'a pas rempli sa mission, ce qui a entraîné des coûts énormes pour le contribuable. Nous avons décidé de ne pas la recapitaliser", a dit la maire, Virginia Raggi.

Cette décision signifie que la ligne C du métro romain s'arrêtera au Colisée au lieu, comme prévu initialement, d'aller jusqu'au centre-ville.

Le consortium chargé de la construction de la ligne, qui inclut les groupes Astaldi, Vianini Lavori et Ansaldo STS n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Le premier tronçon de la ligne a été inauguré en 2014 et elle compte aujourd'hui 21 stations. Trois autres, allant jusqu'au Colisée, doivent être ouvertes d'ici 2020 mais la phase suivante, qui prévoyait 14 stations supplémentaires jusqu'au Vatican et au-delà, est abandonnée.

Alors que les promoteurs du projet initial prévoyaient un trafic allant jusqu'à 600.000 personnes par jour, la ligne n'en transporte aujourd'hui que 50.000.

Alors que le coût de la construction des 24 stations jusqu'au Colisée avait été chiffré à 2,23 milliards d'euros, la facture est désormais estimée à 3,7 milliards, selon les montants évoqués vendredi par la municipalité.

Par ailleurs, la Cour des comptes italienne a ordonné la comparution devant la justice de plus de dix personnes liées au projet et liées selon elle au gaspillage de quelque 270 millions d'euros d'argent public. Les mis en cause réfutent les accusations qui les visent.

(Crispian Balmer et Francesca Piscioneri; Marc Angrand pour le service français)