LEAD 1-STX-La France avertit Séoul qu'elle défendra ses intérêts

jeudi 3 novembre 2016 12h18
 

(Avec déclarations complémentaires, contexte)

PARIS, 3 novembre (Reuters) - A la veille de l'échéance pour le dépôt des offres, vendredi, pour la reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire, propriété à 66% du coréen STX , la France a rappelé à Séoul qu'elle s'opposerait à une solution contraire à ses intérêts.

Un tribunal sud-coréen a décidé en octobre que STX, en redressement judiciaire, pourrait être vendu en bloc ou en deux entités, en vendant à part STX France.

"J'ai eu hier au téléphone le ministre coréen de l'Industrie, j'ai reçu l'ambassadeur de Corée en France", a dit jeudi à Reuters le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, en marge d'un colloque sur l'industrie du futur.

"J'ai voulu les alerter sur des éléments dont ils disposaient déjà, c'est-à-dire à la fois le fait que nous avons deux outils d'intervention et que s'il devait y avoir des offres qui ne soient pas dans l'esprit industriel qui est le nôtre, nous n'hésiterions pas à les utiliser", a-t-il ajouté.

Ces deux moyens dont dispose Paris sont la minorité de blocage d'un tiers détenue par l'Etat dans STX France et le classement de ces chantiers dans les industries stratégiques.

Les carnets de commandes des chantiers de Saint-Nazaire sont pleins et les syndicats, comme les élus locaux, redoutent que la reprise de STX France par un groupe étranger n'ouvre la porte à une main-mise chinoise sur cette activité florissante.

L'Etat a fait savoir par le ministère de l'Economie et des Finances qu'il n'envisageait pas de devenir majoritaire dans STX France mais comptait peser sur le choix du repreneur.

Christophe Sirugue a aussi vu les repreneurs européens potentiels des chantiers de Saint-Nazaire, l'italien Fincantieri et un consortium conduit par le néerlandais Damen.   Suite...