Les "sages" allemands veulent la fin du QE de la BCE

mercredi 2 novembre 2016 11h39
 

BERLIN, 2 novembre (Reuters) - Le comité des conseillers économiques du gouvernement allemand demande que les gouvernements de la zone euro mettent en oeuvre des réformes structurelles pour prendre le relais de la politique expansionniste de la Banque centrale européenne, qu'il ne juge plus appropriée compte tenu de la reprise économique.

"En conséquence, la Banque centrale européenne devrait ralentir ses achats d'obligations et y mettre un terme plus tôt que prévu", lit-on dans son rapport sur l'économie présenté mercredi au gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Selon les experts, la politique de taux négatifs et de rachats d'actifs ("assouplissement quantitatif", QE) de la BCE a été un "facteur clé" du redressement économique de la zone euro mais elle masque ses problèmes structurels des Etats membres et menace sa stabilité financière.

"Les Etats membres de la zone euro devraient maintenant utiliser les vents porteurs de la reprise économique pour mettre en oeuvre des réformes structurelles", explique le président du comité, Christophe M. Schmidt. "Même le gouvernement allemand n'a pas suffisamment mis à profit la croissance économique positive des dernières années pour lancer des réformes."

Comme Reuters l'avait rapporté mercredi, les "sages" ont revu en baisse leur prévision de croissance pour l'année prochaine, n'attendant plus désormais qu'une progression de 1,3% du produit intérieur brut (PIB), contre 1,6% auparavant.

La nouvelle prévision est légèrement inférieure à celle de 1,4% retenue par Berlin pour l'an prochain.

Les sages ont en revanche relevé leur prévision de croissance 2016 à 1,9% contre 1,5%. Le gouvernement table pour sa part sur une hausse de 1,8% du PIB cette année, ce qui serait la meilleure performance enregistrée depuis cinq ans par la première économie d'Europe, grâce au dynamisme de la consommation privée et à l'augmentation de la dépense publique. (Joseph Nasr, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)