Alstom seul en lice pour les RER,CAF craint pour l'emploi-Figaro

mardi 1 novembre 2016 10h16
 

PARIS, 1er novembre (Reuters) - Un consortium formé par Alstom et Bombardier est seul en lice pour un contrat de fourniture de rames de RER de plus de trois milliards d'euros à la suite d'un audit et l'espagnol CAF , évincé, craint désormais pour l'emploi sur son site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), rapporte mardi Le Figaro.

CAF a appris la semaine dernière qu'il serait exclu de la Best and final offer (BAFO), dernière étape de l'appel d'offres, l'audit ayant conclu que l'entreprise n'offrait pas les garanties suffisantes pour livrer comme prévu les rames à une cadence de 70 par an à partir de 2021, écrit le quotidien en reprenant une information de la publication spécialisée Mobilettre.

"L'audit a été très court. Il n'a duré que quelques jours à peine", déclare au Figaro Francis Nakache, directeur général de CAF en France. "Nous demandons à en avoir communication."

"Nous avions l'intention d'embaucher 500 à 600 personnes à Bagnères pour revenir à la capacité industrielle de cette usine", explique Francis Nakache. "CAF n'a jamais caché qu'il mettrait ses sites espagnols à contribution" pour tenir une cadence de 70 trains par an, ajoute-t-il.

"Nous n'avons pas encore réussi à pérenniser l'activité. Dès le printemps prochain, nous aurons des problèmes sur le site de Bagnères que nous tenons à bout de bras."

L'industriel, écrit Le Figaro, s'interroge sur l'impact de la crise survenue en septembre lorsque le PDG d'Alstom a annoncé son projet de transférer la fabrication de locomotive du site de Belfort, ce qui devait conduire à la suppression de 400 postes sur 500.

Pour éviter la fermeture des activités ferroviaires du site historique d'Alstom à Belfort, un objectif sur lequel le président François Hollande s'est personnellement engagé , l'Etat a annoncé début octobre un plan qui prévoit notamment la promesse d'anticiper des commandes de rames de TGV.

Le contrat des RER, qui devrait être attribué d'ici la fin de l'année ou au début de l'an prochain, porte sur 270 rames de RER de nouvelle génération à deux niveaux, les premières étant destinées aux lignes E et D du réseau d'Ile-de-France.

L'appel d'offres est fait par la SNCF au nom du STIF, l'établissement public des transports d'Ile-de-France.

Le Figaro écrit également qu'Alstom est réputé pour vendre son matériel roulant à un prix élevé et ajoute, en citant des sources proches du dossier, que la différence de prix entre CAF et le consortium Alstom/Bombardier pourrait s'élever à quelques centaines de millions d'euros sur l'ensemble du contrat.

La SNCF et Alstom, contactés par Reuters, n'ont pas souhaité faire de commentaire sur cet article. (Dominique Rodriguez, édité par Myriam Rivet)