Ayrault annonce un fonds d'investissements franco-chinois

lundi 31 octobre 2016 10h17
 

PEKIN, 31 octobre (Reuters) - La France et la Chine vont créer un fonds destiné à des investissements communs à l'étranger, a annoncé lundi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui a souligné lors d'une visite à Pékin que le projet Hinkley Point avait valeur d'exemple.

"C'est un très bon exemple de ce qu'on va faire ensemble, remporter des contrats sur les marchés tiers, et cela dans tous les secteurs", a-t-il déclaré, évoquant le projet de construction à 20 milliards d'euros de deux réacteurs nucléaires EPR en Grande-Bretagne dans le cadre d'un partenariat entre EDF et le groupe China General Nuclear (CGN).

"C'est un modèle que nous soutenons partout, y compris en Afrique, y compris en Asie", a poursuivi le chef de la diplomatie française, qui s'exprimait lors d'un point de presse avec son homologue chinois, Wang Yi.

Ce nouveau fonds sera créé prochainement, a-t-il ajouté sans plus de détail.

Dans le cadre de l'accord Hinkley Point, EDF aidera son partenaire chinois à faire homologuer son propre réacteur nucléaire Hualong en Grande-Bretagne, dont le système de régulation en matière nucléaire est considéré comme l'un des plus stricts au monde.

Pour la Chine, désireuse d'exporter son expertise nucléaire, prendre pied sur ce marché très encadré faciliterait l'accès à d'autres marchés.

De leur côté, les milieux d'affaires et des dirigeants occidentaux font observer que les entreprises étrangères se heurtent à plus de difficultés pour s'implanter sur le marché chinois que l'inverse.

Wang a souligné que Pékin saluait les investissements étrangers en Chine et a défendu l'environnement chinois des investissements, expliquant qu'on ne pouvait pas appliquer les mêmes règles à des pays en voie de développement comme la Chine et à des pays développés.

"Si vous observez la rapidité et l'ampleur de l'ouverture de la Chine comparées à d'autres pays en voie de développement, vous verrez qu'elle est un des leaders, qu'elle va peut-être même plus vite que certains pays développés", a-t-il dit.

"Naturellement, nous sommes conscients de la nécessité qu'il y a d'améliorer l'environnement des investissements en Chine. Ce que je souhaite souligner, c'est que la Chine va devenir de plus en plus ouverte." (Dominique Patton; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)