LEAD 1-L'enquête allemande sur Aixtron prendra plusieurs mois

mercredi 26 octobre 2016 15h54
 

(Actualisé avec annonces du ministère et d'Aixtron, cours de Bourse)

FRANCFORT/BERLIN, 26 octobre (Reuters) - Le ministère allemand de l'Economie prendra le temps d'enquêter sur le projet d'offre du fonds chinois Fujian Grand Chip Investment Fund (FGC) sur l'équipementier des semi-conducteurs Aixtron, a déclaré mercredi une porte-parole du ministère.

Le ministère doit dans un premier temps rassembler tous les documents nécessaires pour l'examen du dossier, a-t-elle dit lors d'un point de presse régulier.

Une fois les documents réunis, le processus d'examen durera probablement deux ou trois mois, a-t-elle ajouté.

Elle n'a pas fourni de détails sur les raisons ou les "informations nouvelles de sécurité" qui ont amené le ministère à retirer son autorisation au rachat d'Aixtron par FGC pour 670 millions d'euros.

Le journal Handelsblatt a rapporté mercredi que ce retrait faisait suite à un avertissement des services de renseignement américains. Selon des sources allemandes citées par le quotidien, ces derniers ont présenté la semaine dernière à Berlin des preuves que des puces fabriquées avec des équipements Aixtron étaient susceptibles d'être utilisées à des fins militaires.

Le gouvernement allemand avait évoqué lundi des raisons de sécurité, sans plus de précisions, pour justifier le retrait de son autorisation.

Aixtron a de son côté fait savoir qu'il n'avait pas à ce stade reçu de demande d'information du ministère et il a ajouté, dans un communiqué, qu'il n'était pas impliqué dans la conception, le développement ou la production des semi-conducteurs vendus par ses clients.

Mardi, FGC a déclaré qu'il poursuivait son offre sur la firme d'Aix-la-Chapelle en dépit de la volte-face du gouvernement.

L'action Aixtron chute de 6,84% à 4,81 euros vers 13h40 GMT à la Bourse de Francfort, un niveau nettement inférieur aux six euros par action proposés par FGC aux actionnaires du groupe. (Georgina Prodhan, Caroline Copley et Maria Sheahan, Benoit Van Overstraeten et Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)