Royal affaiblit "la parole de l'Etat" sur Notre-Dame-des-Landes-Valls

mercredi 26 octobre 2016 10h09
 

PARIS, 26 octobre (Reuters) - Le Premier ministre Manuel Valls a accusé mercredi Ségolène Royal d'affaiblir la "parole de l'Etat" en contredisant publiquement la décision du gouvernement de construire un aéroport controversé à Notre-Dame-des-Landes.

Cette attaque contre la mère des quatre enfants de François Hollande intervient après des semaines de défis lancés par la ministre de l'Environnement, qui a de nouveau exprimé dimanche son opposition à la mise en oeuvre du projet, allant jusqu'à évoquer l'hypothèse d'un nouveau référendum.

Le Premier ministre a réaffirmé que l'Etat se conformerait au résultat du référendum du 26 juin dernier - où le "oui" au projet l'a emporté à 55,17% en Loire-Atlantique - et que les derniers opposants de la "Zad" seraient évacués à l'automne par les forces de l'ordre pour permettre le début des travaux.

"Quand on aime la démocratie, quand on respecte le peuple et pas seulement leurs représentants, les élus, et bien on respecte la décision. Et donc la décision c'est de construire cet ouvrage", a-t-il dit mercredi sur France Inter.

A la question de savoir si Ségolène Royal affaiblissait l'autorité de l'Etat en mettant cette décision en doute, Manuel Valls a ajouté : "Oui, bien sûr."

"Ce n'est pas n'importe quelle personnalité, Ségolène Royal", a-t-il dit en rappelant son hostilité constante au projet. "Mais on ne peut pas affaiblir la parole de l'Etat."

Il a également fait référence à la nécessité d'incarner l'autorité de l'Etat au moment où François Hollande est déstabilisé par ses "confidences" publiées dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça...", qui ont accentué les doutes sur son éventuelle candidature pour un deuxième mandat présidentiel.

"C'est important, surtout dans ces moments de grand doute qu'il y a sur la démocratie, de respecter la parole de l'Etat et la parole de ceux qui se sont exprimés et moi je suis très déterminé, il ne peut pas en être autrement. Pour moi c'est une des manières d'incarner, précisément, l'autorité de l'Etat et la démocratie et on ne se met pas au travers de la démocratie et de la volonté des citoyens", a-t-il conclu. (Yves Clarisse, avec Emmanuel Jarry, édité par Myriam Rivet)