La BNS peut encore réduire ses taux si nécessaire, dit Jordan

lundi 24 octobre 2016 20h11
 

BALE, 24 octobre (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) peut encore abaisser ses taux d'intérêt, déjà négatifs, si cela est nécessaire, a déclaré lundi son président, Thomas Jordan.

"Nous n'avons pas encore atteint la limite basse. Où est-elle précisément, je ne le sais pas", a-t-il dit lors d'une conférence à Bâle.

Depuis janvier 2015 et l'abandon soudain du cours plancher du franc suisse face à l'euro, la BNS applique un taux négatif de -0,75% aux avoirs à vue que les banques détiennent auprès d'elle et se dit prête à intervenir à tout moment en cas de besoin sur le marché des changes pour freiner l'appréciation du franc.

Près de deux ans après, a noté Thomas Jordan, "les taux à court terme sont négatifs, mais les emprunts fédéraux et de nombreuses obligations d'entreprises sont également négociés avec des rendements négatifs", une situation qui suscite des inquiétudes sur l'impact de cette situation sur les banques, les fonds de pension, les épargnants et les investisseurs.

Une baisse supplémentaire des taux nominaux pourrait déclencher une fuite vers la liquidité, ce qui limiterait la marge de manoeuvre de la banque centrale, a-t-il ajouté.

"Dans l'environnement actuel, il est nécessaire et judicieux de maintenir le taux d'intérêt négatif en Suisse. Une petite économie ouverte comme la Suisse ne peut se soustraire au bas niveau des taux d'intérêt à l'échelle mondiale. Sans le taux d'intérêt négatif, le franc se serait apprécié encore davantage, le chômage aurait augmenté, la croissance aurait chuté, et l'inflation aurait encore fléchi", a-t-il dit dans un discours.

Il a cependant ajouté que les effets secondaires de cette politique soulignaient le besoin d'une "normalisation" de la politique monétaire à terme, assurant que la BNS prenait "très au sérieux" les inquiétudes des fonds de pension et des assureurs vie sur l'impact des taux négatifs.

Il a également déclaré que "des taux durablement bas peuvent avoir des répercussions négatives sur la stabilité financière et réduire l'efficacité de la politique monétaire".

En réponse à des questions après son discours, Thomas Jordan, a déclaré que la "monnaie hélicoptère" - la distribution à grande échelle de liquidités aux consommateurs pour soutenir l'activité économique - ne faisait pas partie de l'arsenal de la BNS et il a réaffirmé que la banque centrale n'avait pas l'intention de limiter l'utilisation des liquidités.

(John Miller; Marc Angrand pour le service français)