Le Japon va accorder un prêt à une banque russe frappée de sanctions-Nikkei

samedi 22 octobre 2016 06h31
 

TOKYO, 22 octobre (Reuters) - La Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC) va prêter environ 4 milliards de yens (354 millions d'euros) à la banque russe Sberbank, frappée de sanctions occidentales, dans le cadre des efforts diplomatiques du Japon vis-à-vis de la Russie pour régler leur contentieux territorial sur des îles du Pacifique, rapporte samedi le journal Nikkei.

Sberbank, la plus grande banque de Russie, va utiliser ce prêt en yens pour aider l'exploitant du port de Vostotchni, dans l'Extrême-Orient russe, à acquérir des équipements de manutention du charbon.

La JBIC, établissement adossé à l'Etat, va émettre ce prêt d'ici la fin de l'année dans l'espoir de favoriser des progrès, à l'occasion d'un sommet prévu en décembre, sur le contentieux portant sur l'archipel que les Russes appellent les Kouriles méridionales, et qu'ils administrent, et les Japonais les Territoires du Nord.

"La décision de la JBIC de fournir un financement à la Russie intervient parce que le gouvernement japonais compte effectuer des progrès dans les négociations", écrit le journal Nikkei.

Ni la JBIC ni le gouvernement japonais n'ont pu être joints dans l'immédiat pour s'exprimer sur ce sujet.

Ce prêt s'inscrit dans le cadre du programme de coopération économique en huit points présenté en mai par le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, au président russe Vladimir Poutine afin de développer une "nouvelle approche" pour résoudre ce différend territorial datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En raison de ce contentieux, le Japon et la Russie n'ont pas signé de traité de paix à l'issue du conflit mondial.

Sberbank fait partie des organisations financières russes auxquelles les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des sanctions après l'annexion par la Russie de la Crimée en 2014 dans le cadre du conflit en Ukraine.

Même si les prêts libellés en yens ne sont pas concernés par ces sanctions, les banques japonaises sont réticentes à l'idée de débloquer des crédits en faveur de la Russie par crainte de représailles américaines, affirme le journal Nikkei. (Yuka Obayashi; Bertrand Boucey pour le service français)