L'allemand K+S dégradé, premières obligations "junk" pour la BCE

vendredi 21 octobre 2016 15h13
 

FRANCFORT, 21 octobre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) s'est retrouvée vendredi détentrice de ses premières obligations d'entreprise notées en catégorie spéculative ("junk") après l'abaissement par l'agence Standard & Poor's de la note du producteur allemand de potasse et de sel K+S.

S&P a ramené la note de crédit à long terme de K+S de BB+ à BBB-, privant ainsi le groupe de la plus basse de ses notes en catégorie d'investissement pour lui attribuer désormais la plus haute de ses notes en catégorie spéculative.

La BCE a acheté des obligations émises par K+S dans le cadre de son programme d'achats d'obligations d'entreprise, partie intégrante de sa politique d'assouplissement quantitatif qui la conduit à acquérir pour 80 milliards d'euros d'actifs par mois, principalement sous forme de dettes souveraines.

Si la BCE ne peut pas acquérir d'emprunts qui ne sont pas notés en catégorie d'investissement, elle n'est pas tenue de céder les titres si l'émetteur se voit relégué en catégorie spéculative.

La BCE est exposée à une perte sur les lignes obligataires K+S , dont les prix ont chuté depuis l'annonce par S&P cet été de la mise sous surveillance de la note.

Un porte-parole de la BCE s'est refusé à tout commentaire sur ce que l'institution entendait faire des titres K+S qu'elle détient après la dégradation.

S&P a maintenu une perspective négative sur la note de K+S, ce qui ouvre la voie à une nouvelle dégradation.

Le programme d'achat d'actifs de la BCE a fait l'objet de critiques, en particulier en Allemagne, en raison de la dégradation de la qualité de son bilan qu'il pourrait entraîner.

(Francesco Canepa, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)