Le Premier ministre grec songerait à remanier son équipe

vendredi 21 octobre 2016 12h16
 

ATHENES, 21 octobre (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, envisage un remaniement de son gouvernement afin d'écarter les ministres jugés réticents au programme d'aide des créanciers internationaux de la Grèce, dit-on de sources gouvernementales.

Le chef du gouvernement grec cherche à faire adopter des réformes ouvrant la voie à une restructuration de la dette du pays, et, dit-on de mêmes sources, les obstacles posés par certains membres de son équipe ne lui facilitent pas la tâche.

Les ministres des Finances de la zone euro ont il y a une dizaine de jours bien accueilli le dernier train de mesures adopté à Athènes mais n'ont accepté de verser qu'une partie des 2,8 milliards d'euros de la nouvelle tranche d'aide prévue.

Le ministre de l'Energie, Panos Skourletis, qui s'oppose à certaines privatisations demandées par les bailleurs de fonds, serait au nombre des ministres remplacés. Son collège des Finances, Euclide Tsakalotos, en revanche, resterait en poste.

Interrogée sur ces rumeurs de remaniement, la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili, a déclaré à la chaîne de télévision Skai TV que le gouvernement s'efforçait d'effectuer une gestion "souple, rapide et efficace" du pays.

De source gouvernementale, on estime que si Alexis Tsipras considère qu'il a besoin "d'un cabinet à même de mener les réformes requises aussi vite que possible, alors un remaniement permettrait de gommer les points de friction".

Certaines des réformes envisagées, notamment en matière de droit du travail, sont impopulaires et ont contribué à la baisse de popularité d'Alexis Tsipras, qui est aux affaires depuis janvier 2015. Son parti, Syriza (gauche), n'a le soutien que de 15,1% de la population, selon un sondage publié la semaine dernière, contre 21,5% aux conservateurs de Nouvelle Démocratie.

En juillet de l'année dernière, le gouvernement a signé un plan international de sauvetage d'un montant de 86 milliards d'euros, le troisième depuis 2010. Athènes s'est notamment engagé à accélérer les privatisations et à en retirer 14 milliards d'euros d'ici 2022 pour réduire la dette publique.

Il revient à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne, au Mécanisme européen de stabilité - le fonds de sauvetage de la zone euro - et au Fonds monétaire international d'évaluer les actions du gouvernement grec. (Renee Maltezou, Gilles Trequesser pour le service français)