Le Portugal prépare une "mesure systémique" pour ses banques

vendredi 21 octobre 2016 11h53
 

LISBONNE, 21 octobre (Reuters) - Les autorités portugaises sont en train de préparer une "mesure systémique" destinée à réduire le poids des créances douteuses dans le système bancaire sans recours aux fonds publics, a déclaré le Premier ministre, Antonio Costa, dans un entretien à la chaîne de télévision TVI.

Il a expliqué que cette mesure permettrait de "soulager les bilans des banques et de permettre une gestion prudente" afin de réduire les freins à l'octroi de prêts aux entreprises et aux ménages.

Il n'a pas donné davantage de précisions sur l'approche retenue par Lisbonne, disant simplement que "ce ne sera pas une banque, ni une 'bad bank'".

"Nous travaillons avec la Banque du Portugal pour aboutir prochainement à une mesure systémique qui puisse être appliquée à tout le système bancaire national", a-t-il dit. "Je ne peux pas m'engager en matière de calendrier."

Le système bancaire portugais peine à se relever de la crise de la dette et de la récession de la période 2011-2013, qui l'ont considérablement affaibli et ont obligé l'Etat à lancer deux plans d'aide successifs, en 2014 et 2015.

Antonio Costa a réaffirmé s'attendre à ce que soient bouclées d'ici la fin de l'année la recapitalisation du groupe public CGD et le renflouement par des capitaux étrangers des grandes banques cotées Millenium bcp et Banco BPI .

La Banque du Portugal plaide depuis longtemps en faveur d'un mécanisme qui permettrait aux banques de se décharger de leurs créances douteuses et de leurs actifs non rentables, avec une préférence pour le modèle italien d'un fonds capable d'investir dans les établissements les plus faibles.

Mais le projet se heurte à plusieurs obstacles à l'échelon des autorités européennes, tandis que le gouvernement Costa estime qu'un tel mécanisme ne peut pas être imposé aux banques.

Le secrétaire d'Etat au Trésor et aux Finances, Ricardo Mourinho Felix, a déclaré récemment que la recapitalisation attendue des banques portugaises leur permettrait de décider de l'opportunité de créer un véhicule capable de reprendre des créances douteuses. (Sergio Goncçalves et Andrei Khalip; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)